chronique
En mai, l’heure de la plantation a sonné dans la pépinière

Chaque mois, «Terre&Nature» vous propose de découvrir comment les pépiniéristes viticoles valaisans de Multiplants, à Vétroz, sélectionnent et multiplient les ceps au fil des saisons.

En mai, l’heure de la plantation a sonné dans la pépinière

C’est une période à la fois magique et intense Les dizaines de milliers de plants de vigne qui ont vu le jour cet hiver dans l’atelier de greffage de Paul-Maurice Burrin et Matthieu Vergères vont à présent s’émanciper. Leurs six prochains mois de vie, c’est en pleine terre qu’ils vont les passer. «La plantation, c’est le moment où nos protégés nous échappent, confie Paul-Maurice Burrin, qui sait qu’une partie des plants greffés ne débourrera malheureusement pas et sera donc perdue d’ici à l’arrachage en novembre. Cette loterie, c’est la principale difficulté de notre métier.» Depuis la mi-mai, une équipe de trente personnes est donc mobilisée pour mettre en terre, à raison de 25 plants par mètre linéaire, plus de 500 000 pieds de vigne. Afin de diminuer les risques, les deux pépiniéristes ont sélectionné deux parcelles de 0,5 et 2 hectares, exposées différemment aux gels tardifs. «Elles étaient cultivées en céréales jusqu’à l’an dernier, précise Matthieu Vergères. On les a décompactées en profondeur cet automne, avant de les herser finement il y a quelques semaines.» Des buttes ont ensuite été formées, des tuyaux d’irrigation déroulés et des plastiques noirs tirés sur le sol. «Cette installation permet un meilleur enracinement des plants et aide la soudure entre greffon et porte-greffe à se renforcer.»
Dans cette terre chaude et humide, les jeunes plants de vigne vont être soignés aux petits oignons ces prochaines semaines. Tout juste sortis de stratification (ils ont passé une douzaine de jours à 28°C et 99% d’humidité), puis conservés quelques jours dans des caisses contenant un peu d’eau afin d’éviter tout dessèchement, ils sont en effet encore très fragiles. «Les plants vivent sur leurs réserves jusqu’à la formation des vrilles.» Pas question, donc, de les exposer à de mauvaises conditions climatiques, qui les feraient s’essouffler, voire mourir. D’ailleurs, les pluies froides et les vents forts de ces dernières semaines ont incité les deux pépiniéristes à patienter avant de les planter. «Dès à présent, on ne maîtrise plus grand-chose», glisse Paul-Maurice Burrin en observant la parcelle à couvrir des plants vigne qui forment d’artistiques lignes rouges dans le paysage, tandis que le dépôt se vide et que les vignerons viennent chercher leurs dernières commandes.

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Texte(s): Claire Muller
Photo(s): Claire Muller