Le boutefas cherche son champion

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Le boutefas cherche son champion

Cinq bouchers vaudois sont en lice dans un concours visant à désigner le meilleur «botato» du canton. Ils seront départagés à l’issue d’une soirée de dégustation organisée par Slow Food Vaud.

Le boutefas cherche son champion

Le 22 avril, cinq bouchers vaudois ont rendez-vous lors de la Nuit du boutefas. Ils ne viendront pas les mains vides, mais accompagnés de leurs dodus saucissons préparés dans leur boucherie dans le plus grand secret, quelques jours auparavant. Une fois cuits par l’équipe du Restaurant de l’Abbaye de Montheron, sur les hauts de Lausanne, parfois plus d’une heure à 70 degrés, les boutefas seront découpés et répartis dans les assiettes du jury de ce concours, composé de 180 amateurs de cochonnaille.

L’idée d’organiser une soirée consacrée à ce monument du terroir vaudois – pouvant peser jusqu’à 2 kilos et demi! – revient à la section cantonale de Slow Food, mouvement en faveur des produits artisanaux et locaux. Elle l’organise pour la deuxième année consécutive, remettant ainsi le casa, ou botato, le nom en patois de cette saucisse, en lumière.

Après avoir pris soin de déguster à l’aveugle les cinq boutefas en compétition, le jury devra les départager. Entre deux bouchées de papet vaudois, il devra analyser à la fois le goût et la tenue dans l’assiette de la fameuse saucisse, mais aussi sa composition plus ou moins équilibrée entre la viande et le gras, par exemple. Les finalistes, présents dans la salle, devront donc attendre la fin du repas pour enfin savoir si leur produit a convaincu l’assistance. Autant dire que le suspense risque de durer longtemps. Au moins jusqu’à la digestion de la tarte à la raisinée, prévue en dessert.

Ce n’est qu’ensuite que l’on connaîtra le nom de Mister Boutefas 2016. Le gagnant ne repartira pas avec une écharpe en satin digne des reines de beauté, mais avec un diplôme officiel à suspendre derrière son comptoir. Un honneur plein d’humour pour ces défenseurs de la bonne chère et du terroir, prêts à en découdre dans l’assiette. Le gagnant succédera à Philippe Haenni, boucher à Mézières et Vucherens, lauréat 2015.

Élection très convoitée
Si ce concours prête à sourire – c’est aussi le but – il n’en est pas moins couru. Vingt charcutiers du canton se sont portés candidats à cette gourmande élection, envoyant un de leurs botatos, longtemps considéré comme un mets de fête pouvant rassasier une famille nombreuse. Les imposantes saucisses de plus d’un kilo aux formes flatteuses, moulées dans leur robe en cæcum de porc, ont d’abord été dégustées par le comité chargé de faire une première sélection, pour ne retenir que la crème du boutefas. Vendredi prochain, la confrontation finale ne devrait toutefois pas se faire à couteaux tirés. Les participants ont avant tout à cœur de faire connaître leurs produits. En restant persuadés de connaître la recette parfaite du boutefas, dont les origines remontent au XVIIe siècle.

Texte(s): Céline Duruz
Photo(s): © François Wavre

Plus d'infos

La Nuit du boutefas a lieu le vendredi 22 avril à l’Auberge de l’Abbaye de Montheron, à Lausanne. Inscription obligatoire sur le site web, Adulte 49 fr.