Perchée à 2580 mètres, la cabane Rambert prend un coup de jeune

Habitat
Rénovation écologique
Perchée à 2580 mètres, la cabane Rambert prend un coup de jeune

Une annexe en forme de sac à dos permet à la nouvelle cabane Rambert d’être autonome en eau et en électricité. Cette rénovation préserve la structure originale du refuge, lieu de passage apprécié des randonneurs au pied du Grand-Muveran.

Perchée à 2580 mètres, la cabane Rambert prend un coup de jeune

Rénover une cabane de montagne suppose invariablement des choix délicats. Le plus difficile d’entre eux est aussi le plus visible: faut-il conserver la structure de l’ancien bâtiment ou, au contraire, le raser pour repartir de zéro? Contrairement aux nouvelles cabanes de Tracuit ou du Mont-Rose, par exemple, dont les formes audacieuses tranchent
avec la silhouette des cabanes originelles, «la Rambert» inaugurée il y a un mois a conservé ses murs de moellons. Ses gardiens, Maïté et Claude Hotz, y prennent déjà leurs marques.

Il n’en reste que l’enveloppe
Perchée entre le Grand et le Petit-Muveran, sur les hauteurs de la commune de Leytron (VS), la cabane Rambert a subi une rénovation visant à préserver son identité, sans pour autant faire de concession sur les plans pratique ou écologique. Si elle est aujourd’hui autonome en électricité et en eau, c’est grâce à l’annexe en forme de sac à dos que lui a offerte le duo d’architectes montheysans Denis Woeffray et Geneviève Bonnard. Accroché à l’arrière de la cabane, ce bloc recouvert de tôle inox en fait un refuge au top de la modernité. Quant à l’édifice d’origine, il n’a en fait gardé que son enveloppe: les ancestraux murs de pierre cachent une couche d’isolation thermique de 20 centimètres qui permet de minimiser les pertes d’énergie.
Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suisseSur la façade sud de l’annexe, dont les parois qui brillent dans le soleil réfléchissent la silhouette des montagnes alentour, seize panneaux photovoltaïques approvisionnent la cabane en électricité, réfrigérateurs compris. Une génératrice est prête à prendre le relais en cas de mauvais temps prolongé, mais elle ne s’est encore jamais mise en branle. «Il y a aussi des panneaux solaires thermiques, note Maïté Hotz en désignant le toit de la nouvelle cabane. Ils permettent d’avoir de l’eau chaude aux robinets, et même une douche pour les gardiens.» Le bien-être des randonneurs et des alpinistes n’est pas la seule raison d’être de ces aménagements: en premier lieu, il s’agit de réduire l’empreinte écologique de l’édifice, situé dans une zone naturelle exceptionnelle. Mais le Club alpin suisse a bien compris que, les amateurs de randonnée étant toujours plus nombreux, ses 152 cabanes devaient suivre la tendance sans attendre pour assurer leur place sur ce marché en plein essor.

Structure montée en trois jours
Le réfectoire illustre parfaitement cette volonté d’offrir aux visiteurs plus qu’un lieu abrité où passer la nuit. Assis sur l’un des bancs de bois clair, on profite d’une vue époustouflante sur les Alpes valaisannes à travers une immense baie vitrée, seule concession faite à l’ancienne façade. À l’étage, difficile de distinguer le passage de l’ancienne cabane à l’annexe. Du couloir central, uniformément peint en jaune et éclairé par des fenêtres de toit, on accède aux chambres de six ou huit lits. Entièrement conçu sur mesure, le mobilier en bois naturel permet d’assurer le confort des visiteurs tout en optimisant l’utilisation de l’espace.Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suisse
Derrière la cuisine, de grands locaux ont également été aménagés pour servir de cave et de garde-manger. Un luxe nécessaire pour assurer l’offre de restauration proposée de mi-juin à fin septembre. La fréquentation en hausse de la cabane a également contraint les ingénieurs à revoir le système de traitement des eaux usées et à installer une tranchée filtrante, protection des eaux souterraines oblige.
La construction s’est étendue de juin à novembre 2015. «À cette altitude, il ne fallait pas traîner pour les travaux de rénovation, raconte Maïté Hotz. Préfabriquée à Collombey (VS), toute la structure a été apportée par hélicoptère en seulement trois jours.» Aujourd’hui, tout est fonctionnel. Mais pour voir de plus près la nouvelle cabane Rambert, rien ne vaut une petite grimpette.

Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suisse

Texte(s): Clément Grandjean
Photo(s): Clément Grandjean

Economies d'énergie

3 interventions clés

Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suissePanneaux photovoltaïques

Sur la façade sud, 16 panneaux photovoltaïques couvrent les besoins en électricité des gardiens et des alpinistes. Ils alimentent des lampes et appareils à faible consommation.

 

Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suisseRécupération d’eau de pluie

Les pans inversés du toit permettent de collecter l’eau de pluie. Elle est filtrée et stockée dans des citernes. La réserve totale approche les 10 000 litres.

 

Cabane Rambert; rénovation écologique; Leytron; Club alpin suisse

Toilettes écologiques

Oubliées, les gogues suspendues à la falaise. Les toilettes de la cabane permettent de filtrer les urines et de stocker les matières fécales, qui seront évacuées à la fin de la saison.

 

Bon à savoir

Combien ça coûte

Le processus de rénovation de la cabane Rambert a été envisagé en 2009. Refusé par manque de moyens, il refait surface en 2013. Il faut dire que le budget est important: 1 735 000 francs. La majeure partie de ce montant est prise en charge par la section des Diablerets et le comité central du Club alpin suisse. Le Fonds du sport vaudois, la commune de Leytron (VS), la Fondation pour les cabanes, le Fonds NPR Valais et de nombreux anonymes ont également contribué par des dons ou des prêts sans intérêts.