Curieux de son entourage, le burmese est un pot de colle très affectueux

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Curieux de son entourage, le burmese est un pot de colle très affectueux

Intelligent et joueur, ce chat encore très rare en Suisse a pourtant tout pour plaire. Sa beauté orientale est rehaussée par une robe chatoyante et douce comme de la soie.

Curieux de son entourage, le burmese est un pot de colle très affectueux

«Sentez comme la texture du poil est soyeuse. Il faut avoir caressé une fois un burmese pour se rendre compte de la finesse et de la douceur de son pelage. On dirait du velours.» Pandora, Bluella et leurs compagnes semblent particulièrement apprécier l’attention qu’on leur porte. Sans gêne aucune, elles viennent même solliciter quelques câlins supplémentaires. Leur affectuosité vis-à-vis des inconnus a de quoi surprendre. «Ce sont des pots de colle qui recherchent activement la présence de l’homme. N’ayant peur de rien, ils n’ont pas le tempérament indépendant des chats de gouttière.»

À Forel (VD), voilà une vingtaine d’années que Sylvie Cavin élève le burmese. Si elle s’émerveille également de la beauté de ces chats de type oriental, leur caractère la fascine tout particulièrement. «Très intelligents, ils comprennent vite ce qu’on attend d’eux, explique-t-elle. Mais leur forte personnalité et leur agilité peuvent donner quelques sueurs froides à leur propriétaire: vifs, ils n’hésitent pas à grimper en des endroits improbables. Les chatons sont souvent très turbulents.» Si vous travaillez à temps complet, optez cependant pour une autre race. Ce chat nécessite en effet de la présence, sans quoi il s’ennuiera.

Une race extrêmement rare

En 1994, lorsque la Vaudoise décide de se consacrer au burmese après avoir vu un chat de cette race en exposition, elle doit s’armer de patience pour en trouver un. Aujourd’hui encore, le burmesee est très peu répandu, en Suisse romande comme dans le reste de l’Europe. BB, sa première chatte, fait alors le voyage de Paris. «J’avais un contact très spécial avec elle. Elle passait beaucoup de temps sur mes épaules, sa place favorite!» Pour faire connaître la race, l’éleveuse n’a pas hésité à participer à de nombreuses expositions avec les divers félins qui rejoignent son élevage. Les succès suivent, dont des titres de «best of best», soit le plus beau chat toutes races confondues.

«Si le regard des juges est important, il n’a jamais suffi pour affiner ma sélection. Mes chatons sont destinés à des personnes qui recherchent un animal de compagnie, leur tempérament est donc primordial.» Passionnée par la génétique, Sylvie Cavin a durant plusieurs années élevé en parallèle deux races issues du burmese: le tonkinois, qui est croisé avec du siamois, et le burmilla, né du mariage avec un persan chinchilla.

Des yeux couleur or

Pour éviter la consanguinité et renouveler les lignées, l’éleveuse cherche des reproducteurs dans toute l’Europe. Danemark, Hongrie ou Espagne: si le pedigree, la morphologie et le caractère correspondent à ses attentes, Sylvie Cavin est prête à faire des kilomètres. Elle est particulièrement fière de Balthasar, son mâle reproducteur, qui a été importé de Russie l’an dernier. «Il est de robe zibeline, qui est la robe originelle du burmese et la plus belle de toutes à mes yeux. Les reflets dans son poil au soleil sont magnifiques.»

L’éleveuse cherche dans la mesure du possible à obtenir des yeux d’un jaune or flamboyant, qui contrastent à merveille avec le poil marron foncé des sujets zibelines. Un objectif difficile à atteindre, car la majorité tendent plutôt vers le vert. «Je ne m’explique pas pourquoi le burmese n’est pas plus connu. Cependant, depuis l’ouverture de la Birmanie au tourisme, certaines familles prennent contact avec moi après avoir découvert cette race lors d’un voyage dans ce pays. Elles me disent être séduites par sa beauté.»

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): Eric Bernier

Fiche signalétique

Origine: Birmanie.
Morphologie: Chat de taille moyenne au poil court et à la tête triangulaire. La fourrure est fine et presque sans sous-poil. Les yeux varient du jaune au vert, l’or intense étant la couleur la plus recherchée. Il existe quatre robes de base – zibeline, chocolat, bleu et lilas – auxquelles s’ajoutent le roux et le crème. Toutes existent en variété tortie.
Particularité: Les origines du chat burmese sont très anciennes. Une légende raconte qu’il a vécu aux côtés des moines birmans, qui le considéraient comme sacré. La race moderne a été fondée par Wong Mau, importée en 1930 de Birmanie aux États-Unis. Fait rare dans le monde félin, tous les burmeses actuels ont cette chatte comme ancêtre. Celle-ci a donné naissance à deux types distincts, l’anglais et l’américain, qui se distinguent par leur morphologie. Les différences étant désormais trop importantes entre eux, deux races sont à présent reconnues: le burmese américain et le burmese anglais. Ce dernier est le plus représenté en Europe.
Prix: 1200 à 1500 francs pour un chaton sevré, vermifugé, vacciné, avec pedigree.
Ses points forts: Son poil facile d’entretien. Son caractère attachant et sociable. Sa beauté.
Ses points faibles: Sa rareté, qui rend son acquisition difficile. Supporte mal la solitude.
Élevage en Suisse romande: Chatterie d’Ouranos, Sylvie Cavin, Forel (VD), www.chatteriedouranos.net

Témoignage d'un propriétaire

Marjo van der Linden, de Lausanne, Mollie et Nan
«Lors d’une exposition féline, j’ai découvert un mâle de race burmese qui me fixait d’un regard affectueux. Il m’a immédiatement rappelé les orientaux à poil court que j’avais élevés par le passé. J’ai alors eu la chance de pouvoir adopter deux de ses descendants: Mollie et Nan. Ce sont des chats au caractère exceptionnel. J’apprécie énormément le contact étroit que j’ai avec eux: où que j’aille, ils me suivent. Très joueurs, ils adorent me rapporter la balle que je leur lance. Mollie est particulièrement aventureuse, toujours suivie de près par son frère. Lorsque des amis viennent me rendre visite, ils sont tous surpris par leur caractère sociable. Nan et Mollie quémandent en effet des caresses, même auprès de personnes qu’elles ne connaissent pas, sans une once de peur.»