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Peu de miel, mais quel miel!
Peu de miel, mais quel miel!

Pas facile de trouver le bon moment pour récolter le premier miel cette année. Trop froid, trop chaud ou trop humide: avec cette météo versatile, les abeilles ne savaient plus sur quelles pattes danser et tardaient à operculer les cellules contenant le précieux liquide ambré. Profitant d’une accalmie avant le déluge annoncé, j’ai fini par poser les chasse-abeilles sur deux ruches, histoire de récolter le contenu d’une dizaine de cadres seulement. C’est dire si les 13 de kilos de miel extraits ce vendredi seront appréciés! En apiculture, les années qui se suivent se ressemblent rarement, et quand certaines colonies de plaine ou de montagne portent des doubles voir même des triples hausses débordantes de miel, d’autres -moins gâtées par les conditions locales- peinent à faire des réserves. C’est le cas de mes abeilles ce printemps.

Quoi qu’il en soit, je suis très contente d’avoir réduit de moitié mon nombre de colonies par rapport à l’an dernier. Après avoir mené une enquête sur la compétition entre les abeilles sauvages et domestiques, il m’est apparu évident que j’avais trop d’abeilles (lire billet du 13 février 2018) par rapport aux ressources florales à disposition dans le secteur, et ce d’autant plus qu’il y a d’autres apiculteurs au village. Dans la foulée, et suite à un cours sur l’apiculture biologique proposé par le FIBL (voir article T&N du 20.04.17), j’ai renoncé à introduire de nouvelles cires gaufrées dans les ruches. Des analyses effectuées par le centre de recherche apicole d’Agroscope ont en effet révélé la présence de produits de synthèse dans les cires proposées: on y trouve sans surprise des traces de pesticides, rapportés dans la ruche par les pollinisatrices, mais plus révoltant, on y découvre aussi des produits de traitements anti-mites et anti-varroas peu recommandables, utilisés par des apiculteurs sans scrupules. Les chercheurs ont notamment détecté des résidus d’amitraze, une molécule neurotoxique interdite en Suisse mais que certains n’hésitent pas à aller se procurer de l’autre côté de la frontière. Ces substances proscrites finissent aussi dans les ruches d’apiculteurs irréprochables car les cires gaufrées vendues par les sociétés apicoles sont issues de la refonte de vieilles cires provenant de tout azimut.  Pour supprimer ce risque dommageable à la santé des abeilles et à la qualité du miel, trois possibilités: faire produire toute la cire aux abeilles, recycler sa propre cire chez un producteur de confiance ou acheter de la cire bio. Comme celle-ci vient généralement d’Afrique, j’ai opté pour la première solution, qui est au final la plus naturelle.

Désormais, j’introduis dans les hausses et les corps de ruche des cadres vides, sur lesquels mes abeilles ont un évident plaisir à construire dare-dare de magnifiques rayons dorés. Pendant ce temps là bien sûr, elles ne récoltent pas de miel et en consomment un peu, mais peu importe. Il nous en restera toujours bien assez pour napper nos tartines.

 

Texte(s): Aino Adriaens
Photo(s): Aino Adriaens, Christian Lavorel

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