Petite liste des possibles… grâce à la Fête!
Petite liste des possibles… grâce à la Fête!

Le chapitre «Fête des Vignerons 2019» s’est refermé il n’y a que quelques jours à peine et, déjà,  je suis nostalgique. C’est peu dire que j’aurais tout donné pour que le temps s’arrête avant le dernier spectacle afin de vivre encore un tout petit peu de cette folle magie dans cette arène et ses coulisses, de goûter encore un peu à cette atmosphère indescriptible, d’entendre, de sentir, bref de continuer à vivre cette extraordinaire aventure.

Alors depuis lundi dernier comme tous les figurants, je me réfugie dans mes souvenirs et des sensations encore toutes fraîches. Je sifflote les airs du spectacle en permanence. Je trie les photos jusqu’à point d’heure le soir. Je surprends mes enfants en train de hurler des «Santéééééé!!!» dans les escaliers de l’immeuble. J’esquisse quelques pas de samba en arrivant le matin au bureau. Je prends des nouvelles, via les réseaux sociaux, du «niveau de déprime» de mes collègues du tableau de la Saint-Martin. Et je compte les jours avant de pouvoir à nouveau remettre mon costume. Parce qu’elle me manque, cette robe orange que j’ai portée quasiment tous les jours un mois durant. Parce qu’ils me manquent ce bustier serré, ce chapeau impossible à faire tenir sur mes cheveux trop fins, ces talons qui m’ont bien souvent trahi, cet énorme jupon qui mettait tant de temps à sécher après la lessive. Ils sont tellement chargés d’émotions que je n’arrive pas à me résoudre à les remiser. J’ai même rangé, presque à regret, ma table à repasser: bon, la Fête m’a certes changée… mais pas au point tout de même de devenir une fan des tâches ménagères!

Car, oui, il y a quelque chose de magique dans cette Fête, qui a transcendé bien du monde et rendu possibles des choses que je n’aurais jamais crues envisageables il y a encore un mois. Comme par exemple:

  • se nourrir exclusivement de crêpes, gaufres, frites et hotdogs (je passerai le chapitre boissons sous silence!) pendant plus de trois semaines;
  • croiser un (et même deux!) éleveurs en train de pleurer de bonheur en voyant leur vache défiler autour du plancher LED;
  • se faire photographier par des Thaïlandais, des Israéliens et des Jurassiens dans la même demi-heure;
  • voir des armaillis se servir d’une vache comme un «piège à filles» (en l’occurrence, cet «appât à effeuilleuses» semblait fonctionner à merveille);
  • entendre mon homme, pudique à l’excès et si difficile à sortir de son flegme naturel, confier à la ronde qu’après la Fête, il n’est plus le même;
  • verser une larme pendant le Ranz des vaches;
  • surprendre mon gamin de 8 ans glisser à quelqu’un que traîner des heures dans les coulisses lui a donné l’envie de devenir régisseur;
  • acheter un petit carnet à autographes, moi qui déteste toutes les formes de starification, pour qu’il nous reste des souvenirs tangibles.

Mais surtout, jamais je n’aurais pensé que la Fête m’enracinerait un peu plus profondément dans ce coin de pays. Les poèmes de Stéphane Blok et Blaise Hofmann m’ont définitivement ancrée ici, entre Léman et Préalpes. Trois jours après la fin de la Fête des vignerons, j’ose paraphraser la dernière strophe de L’Hymne des vendanges: «Et soudain, je sais d’où je viens…»

Texte(s): Claire Muller
Photo(s): Claire Muller

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