Cueillette sauvage au jardin

Cueillette sauvage au jardin
Cueillette sauvage au jardin

Que c’est dur le printemps! S’arracher du jardin pour rejoindre le bureau est encore plus difficile que sortir du lit un jour de stratus! Chaque matin, c’est le même topo. Je descends au jardin pour nourrir la basse-cour puis je reste plantée là, sur un chemin, à me gorger les yeux, les oreilles et les narines de toute cette vie qui éclate et s’époumone. Ça bourgeonne de toute part, ça pousse à vue d’oeil. Le cerisier s’est couvert de fleurs en trois jours. Des myriades de petits insectes dansent au dessus de la rosée. J’avance à pas d’escargot. Pour redécouvrir le muguet oublié, écouter les crosses des fougères se déployer, observer les progrès des têtards. Je fais mille détours pour faire tout le tour, puis m’attarde dans la serre, complètement fascinée par le miracle de la germination.  Puis je me décide enfin et remonte d’un coup au bureau, gonflée à bloc.

Je sais déjà ce que je vais préparer à midi. Au delà des potagers, il y a plein de jeunes pousses sauvages et savoureuses à cueillir dans le verger et au pied des haies. Ortie, aegopode et consoude pour le gratin, l’omelette ou la soupe. Pimprenelle, ciboulette, oseille et alliaire pour la salade. Jeunes pousses de houblon pour le chic. Et quelques fleurs de lierre terrestre et de pissenlit pour la couleur et le parfum. L’ail des ours n’a pas voulu pousser sous les arbres, mais j’espère quelques morilles entre les corydales.  Tout va trop vite, il ne faut rien rater. Bon il faut déjà que je retourne au jardin, avec un panier vide qui sera bientôt plein.

Texte(s): Aino Adriaens
Photo(s): Aino Adriaens

Reconnaître les sauvageonnes

Avec un peu d’habitude, on peut facilement reconnaître les plantes sauvages comestibles au toucher (consoude), à l’odeur (ail, ciboulette), au goût (pimprenelle) et à l’allure générale. Mais si on débute, cela vaut la peine de se faire aider par un connaisseur ou de consulter un bon guide pour bien identifier ses cueillettes, car même au jardin, les feuilles d’arum pourraient se confondre avec celles de l’oseille. Le guide « Plantes sauvages comestibles et toxiques » paru aux éditions Rossolis peut être d’un grand secours. Il décrit 170 baies, fruits et herbes sauvages, leur habitat, explique leurs propriétés et la façon de les consommer s’il y a lieu. Soyez aussi attentif aux sorties de cueillette et de cuisine sauvage proposées par les pros de la survie en pleine nature (vie-sauvage.ch, couplan, …) et sachez en profiter, car le printemps ne dure pas longtemps!