Cette année, je réussirai mes poireaux!

Cette année, je réussirai mes poireaux!
Cette année, je réussirai mes poireaux!

Mes bonnes résolutions se ramassent à la pelle, mais celle dont je vous parle aujourd’hui m’a sauté aux yeux l’autre jour, quand je suis allée arracher les derniers poireaux au jardin. Piteux et lamentables. Mous et avachis. Tout juste bon pour la soupe et encore. Pourtant ça s’annonçait bien car je m’étais donné de la peine: endurcissement des plants au soleil, échelonnement des plantations, dispersion et camouflage des jeunes poireaux sous des fleurs et légumes aromatiques pour les soustraire au flair de l’ennemi, arrosages ponctuels… Rien n’y a fait. La mouche mineuse du poireau a encore frappé. Cette satanée bestiole, apparue en Suisse il y a quelques  années,  réduit systématiquement à néant les efforts du jardinier et à l’état de loques les fûts blancs et prometteurs.

Du bout de ses 3 mm, Phytomyza gymnostoma, c’est son nom, pond ses oeufs dans les feuilles des poireaux au printemps et à l’automne, mais elle peut aussi s’attaquer à l’ail et aux oignons. Les larves jaunes qui en émergent s’en nourrissent en creusant des galeries jusqu’au pied de la plante. Quand elles s’estiment assez bien nourries, elles se transforment en pupe rougeâtre, sorte de petit sarcophage douillet dans lequel l’insecte passera l’hiver avant de déployer ses ailes pour une nouvelle infestation.

La lutte est difficile. Sur le net, les témoignages et les expériences le confirment. Nous avons surtout misé sur la biodiversité du jardin, mais visiblement ça ne suffit pas. Comme il n’y pas de traitement curatif bio efficace, il faut miser sur la prévention. A commencer par ne pas laisser les fanes attaquées au potager ou dans le compost. On peut par exemple les enfermer dans un sac poubelle au soleil. Pour ma part, je les ai jetées dans le poulailler car les chances de survie des pupes me paraissent nulles au vu de l’appétit des poules. Ensuite il va falloir se résoudre à poser des voiles anti-insectes en avril sur les semis au printemps et sur les plants dès la mi-août, en espérant qu’ils ne deviennent pas le terrain de jeu favori des renardeaux et des fouines, comme ça a été le cas sur nos carottes il y a quelques années. Si j’en crois Denis Pépin, jardinier et auteur expérimenté à Terre vivante, c’est la méthode la plus efficace pour venir à bout du zélé ravageur. Et bien soit: la lutte va s’intensifier. Vous pouvez déjà trembler petites mouches.

Texte(s): Aino Adriaens
Photo(s): Aino Adriaens