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A la découverte des «mixed-flocks»
A la découverte des «mixed-flocks»

Une petite halte s’impose après cette petite montée dans cette sublime forêt vers Moyobamba, dans le Nord du Pérou. Le milieu est incroyable, pourtant à cet instant précis, je n’entends aucun oiseau autour de nous. Il est toujours aussi étonnant pour moi de pouvoir me promener dans une forêt tropicale humide et de n’entendre aucun chant, cri. Rien, pas un son… et même si cette forêt abrite plus d’espèce d’oiseaux que la Suisse !

A 100 mètres de là, c’est l’exact opposé. Il est difficile de savoir où poser ses jumelles tant il y a des oiseaux de tous les côtés et à tous les étages de la végétation. C’est même la panique, presque chaque oiseau présent est d’une espèce différente. La liste s’allonge rapidement : «deux Olivaceous Woodcreeper, un Plain-brown Woodcreeper, encore deux Olivaceous Woodcreeper, un Rufous-tailed Foliage-gleaner, un Vireo, un Scarlet Tanager, un autre Vireo, un Black-faced Dacnis, un Green-and-Gold Tanager, une Swainson’s Thrush, une Cerulean Warbler, deux autre Black-faced Dacnis, un Yellow-bellied Tanager, … ». En quelques minutes, une quinzaine d’espèces passent devant nous. Dur dur de mémoriser tout ce que l’on a vu avant de noter leur nom sur eBird, l’application que j’utilise qui recense mes observations d’oiseaux. Cet exercice est encore plus laborieux quand on débute et qu’on ne connaît pas la majorité des espèces qui nous entourent.

Ce phénomène est souvent résumé par le terme «mixed-flock» (en français on parlerait de «volée mixte d’alimentation»). Différentes espèces se regroupent pour chercher ensemble de la nourriture afin d’augmenter le chance d’y parvenir et de diminuer le risque de prédation. Ce type de groupes est assez commun en milieux tropical, aussi bien en Amérique du Sud qu’en Asie du Sud-est. Ils peuvent être de nature différente : certains groupes ne comportent que des espèces frugivores, que des espèces insectivores, d’autres que des spécialistes des fourmis légionnaires et certains, souvent les plus gros groupes, comportent un mélange de tous. Les plus gros mix-flocks que j’ai eu la chance d’observer comportaient plus d’une centaine d’individus et les plus variés près de 30 espèces. Durant l’hiver arctique, il n’est pas rare d’y rencontrer des espèces hivernantes venues d’Amérique du Nord comme la Paruline à gorge orangée – Blackburnian Warbler (Setophaga fusca). En Europe, ces groupes mixtes sont plus rares, moins impressionnants et généralement observés en automne et en hiver.

Texte(s): Fabian Schneider
Photo(s): Fabian Schneider

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