Les féériques forêts de Polylepis
Les féériques forêts de Polylepis

On vous emmène au sud du Pérou, à 27 kilomètres à vol d’oiseau du fameux site archéologique du Machu Picchu. Le jour se lève peu à peu et la pluie de la nuit vient de s’estomper. Le souffle coupé par l’altitude et sous un brouillard dense, nous atteignons le bosquet de Polylepis d’Abra Málaga.Des poly-quoi me direz-vous? Les Polylepis, tout comme les pommiers ou les rosiers, appartiennent à la grande famille des Rosacées. Ces arbustes sont surtout présents à très hautes altitudes (3’500 à 5’000 mètres) dans les Andes tropicales. On espère y découvrir de nombreux oiseaux.

A l’orée de la forêt, le sol est recouvert d’un épais tapis de mouss, un petit sentier serpente entre ces arbres tordus et à l’écorce roussâtre. Les plus grands dépassent à peine les trois mètres de haut, mais la largeur de leur tronc témoigne de leur grand âge. Très rapidement on se croirait dans un décor sorti du Seigneur des anneaux. Les oiseaux sont assez peu nombreux, mais la plupart sont des espèces rares. On y croise aussi beaucoup de petits groupes de plusieurs espèces (les mixed-flocks, dont je vous ai déjà parlé). Cela nous donne envie de poursuivre notre visite de ces biotopes particuliers.

Quelques jours plus tard, nous pénétrons dans une autre forêt de Polylepis, à proximité d’Oyón, petite ville minière située dans le centre du Pérou cette fois. La météo y est à l’opposé de celle rencontrée à Abra Málaga – le soleil brille et il fait rapidement fondre le givre présent au sol. Il n’est pas toujours aisé d’observer les oiseaux dans ces milieux car même si les arbres ne sont pas haut, la végétation y est dense et on aperçoit difficilement ceux vivant un plus loin que les bords du chemin. Une bonne connaissance des chants et des cris permet de détecter des espèces qui aurait pu passer inaperçues. Parfois la chance joue en notre faveur comme avec notre superbe observation d’un Cotinga à joues blanches – White-cheeked Cotinga (Zaratornis stresemanni) à la fin de notre balade. Cette espèce rare et endémique péruvienne. Elle est étroitement liée aux Polylepis. Comme beaucoup d’oiseaux spécialistes de ces forêts, il est menacé. Ces milieux se raréfient à cause de la coupe du bois pour le chauffage ou la construction mais aussi de la pâture qui empêche la régénération des arbres, mettant longtemps à se développer à ces altitudes élevées.

Texte(s): Fabian Schneider
Photo(s): Nina Perret-Gentil & Fabian Schneider

Sources et compléments

White-cheeked Cotinga (Zaratornis stresemanni) – BirdLife species factsheet. http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/white-cheeked-cotinga-zaratornis-stresemanni/text.

Lloyd, H. Influence of within-patch habitat quality on high-Andean Polylepis bird abundance. Ibis 150, 735–745 (2008).

Lloyd, H. & Marsden, S. J. Between-Patch Bird Movements within a High-Andean Polylepis Woodland/Matrix Landscape: Implications for Habitat Restoration. Restor. Ecol. 19, 74–82 (2011).

Lloyd, H. & Marsden, S. J. Bird community variation across Polylepis woodland fragments and matrix habitats: implications for biodiversity conservation within a high Andean landscape. Biodivers. Conserv. 17, 2645–2660 (2008).

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