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Les Carottes Courbes vivent pleinement leurs rêves
Les Carottes Courbes vivent pleinement leurs rêves

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils ont les pieds dans la terre et des étoiles plein les yeux. Ils s’appellent Fanny, Valentin, Charlotte, Didi, Mélanie, Benoît, Charlène… et tutoient avec le sourire le monde qu’ils ont envie de changer. Eux, ce sont les membres du collectif  «Les Carottes Courbes» qui a pris racine à Arnex-sur-Orbe, mais aussi tous leurs amis d’un jour ou de toujours qui viennent leur donner un coup de main pour réaliser leurs rêves.

Je les ai rencontrés mardi dernier, affairés dans leur vaste champ qui est resté en friche pendant trois ans. «On piquète et on dégage le pied des jeunes arbres et arbustes qui se sont semés spontanément. Comme ils ont poussé tout seul, cela vaut la peine de les garder car ils seront plus résistants. C’est un bon début pour notre jardin-forêt» m’explique Didi avec son savoureux accent belge. «Si tu veux, tu peux aller chercher du compost avec la brouette et le mettre au pied des arbres». Pas de problème, je suis là pour ça, tout comme d’autres bénévoles qui ont répondu à l’appel du collectif qui propose régulièrement un chantier participatif via les réseaux sociaux. Car le boulot et les idées ne manquent pas. Leur projet de vie s’est concrétisé il y a un peu plus d’une année, quand la propriétaire qui cherchait à encourager une autre forme d’agriculture leur a confié les clés de la maison et du terrain de deux hectares qui la prolonge. «On ne se connaissait pas, on s’est rencontré le jour de la visite du lieu, puis tout est allé très vite» me raconte Valentin, l’un des trois détenteurs d’un CFC des métiers de la terre, sésame indispensable pour accéder aux terres agricoles et signer le bail. Maraîcher passionné de permaculture (il a fait deux stages dans la ferme biologique du Bec Hellouin , en Normandie), Valentin reprendra la ferme familiale à Apples l’an prochain et se fait la main à Arnex d’ici là: « Il n’y a pas encore de micro-ferme exemplaire en Suisse, j’aimerais aller dans cette direction. J’ai eu le déclic à la naissance de mon premier enfant. A l’école d’agriculture, on nous parlait beaucoup de la qualité de l’alimentation des vaches et des veaux, alors que la société nourrit ses enfants avec de la nourriture pas très saine. Pour moi, cultiver sans chimie est devenu une évidence».

Les autres ? Il sont éducateur, cuisinier, assistant social, … et bossent à temps partiel, ce qui leur laisse du temps libre pour  travailler la terre: «Pour l’instant, on ne cherche pas à en vivre mais une belle qualité de vie, avant tout». Ils mangent déjà leurs légumes, élèvent leurs poules dans un poulailler mobile et plantent les fruitiers de l’avenir. Les longues buttes couvertes d’ail, d’oignons, de pois mange-tout sont prometteuses: «On partagera les surplus ou on mettra les légumes en libre service devant la maison» commente Didi, qui compte bien aussi cultiver de petites surfaces de céréales, entièrement à la main. Le travail de la terre et les tâches ménagères de leur vie commune, les membres du collectif  se les partagent aussi, en fonction des compétences et des envies de chacun, selon les principes de la gouvernance horizontale. Et pour l’instant, ça marche. Chacun semble avoir trouvé sa niche dans cet écosystème particulier.

L’arrivée de ces ruraux d’un nouveau genre est plutôt bien accueillie au village.  «On nous a offert beaucoup d’outils et une première ruche. Un paysan bio nous prête aussi des machines si on en a besoin, et on  lui donne des coups de main en échange». Grâce à un financement participatif, ils pourront investir cet été dans un système d’irrigation pour leurs cultures maraîchères. Les jeunes arbres qui viennent d’être dénichés dans la jachère n’en auront pas besoin. «On greffera les cerisiers sauvages et les pruniers l’hiver prochain. On n’est pas pressé, on prend le temps d’observer et ça nous fait plaisir de trouver des solutions locales et bon marché». Une belle philosophie pour vivre pleinement ses rêves.

 

Texte(s): Aino Adriaens
Photo(s): Aino Adriaens

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