Les cadeaux du jardin
Les cadeaux du jardin

J’avais pensé titrer mon dernier billet de l’année  Mieux qu’une mangeoire!  car c’est ce que m’inspire la photo de ce merle de prime abord. Puis je me suis ravisée. Le débat sur le nourrissage des oiseaux revient régulièrement à la une sans que j’aie besoin d’en rajouter une couche, et ma foi, à chacun de juger le pour et le contre selon sa situation particulière.  Je vais donc plutôt choisir l’angle du cadeau, qui colle tout aussi bien à la saison.  Voilà ce que cela donne.

A toute heure de la journée se joue sous nos fenêtres un spectacle de toute beauté. Côté cour, la scène se passe dans un petit pommier ornemental (Malus everest) où s’accrochent encore, bien après que les feuilles soient tombées, des centaines de petites pommes d’un superbe rouge orangé. Côté jardin, c’est le grand sureau noir qui assure le décor, avec empêtré dans ses branches et débordant de la cime un rosier liane (variété Cedric morris) truffé de cynorrhodons. Les acteurs principaux sont les merles et les grives litornes. Qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse doux comme ces jours-ci, les oiseaux rappliquent dès le petit matin. Il y a les goinfres qui gobent la pomme en entier,  les délicats qui en mettent partout et en font profiter l’entourage et bien sûr les belliqueux qui dépensent toute l’énergie de leur repas à chasser les nouveaux convives.  Attablés bien au chaud à deux mètres de là, on ne se lasse pas d’observer tout ce petit monde. Du coin de l’œil les oiseaux nous regardent aussi et nous communions souvent la bouche pleine.

Dans le prolongement du sureau, il y a la haie champêtre. Peu de fruits cette année du côté des prunelliers et des troènes, mais la viorne aubier offre aux bouvreuils ses jolies baies colorées. Les plus petits passereaux ne sont pas en reste. Les chardonnerets font les clowns au sommet de toutes les inflorescences sèches et piquantes, les mésanges arpentent les tiges des bouillons blancs en quête d’insectes et de petites graines, les troglodytes sautillent dans les tas de bois, le rouge-gorge fouille les feuilles mortes. Et au bord de la mare, c’est le défilé permanent qui nous enchante et nous rassure. Les oiseaux adorent nos broussailles, notre « chenis », nos herbes folles, indigènes et horticoles. La nature se porte mal mais on peut lui faire du bien. Quand on choisit bien ses cadeaux, elle nous les rend au centuple.

Joyeux Noël et à l’année prochaine!

 

Texte(s): Aino Adriaens
Photo(s): Antoine Lavorel

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