Ca bouge dans la bauge
Ca bouge dans la bauge

En descendant le Sentier des falaises pour atteindre la réserve du Moulin de Vert, à quelques minutes à pied du village de Cartigny, on domine une roselière assez disséminée, où des sangliers ont pris l’habitude de venir se reposer durant la journée. Une laie a rassemblé, en les poussant de son boutoir, quelques tiges de roseaux en guise de nid et depuis quelques jours, elle vient se bauger avec sa famille.

Arrivé sur place, je m’installe très discrètement, car les sangliers sont là! La petite compagnie se prélasse au soleil sur la litière. Tous les animaux dorment, collés les uns aux autres, pour se reposer après leurs intenses activités de la nuit passée.

La laie, plus grosse et plus grise, est avachie, entourée de sa progéniture: trois jeunes, nés l’automne dernier, dont on devine encore les restes de pyjama (les rayures), ainsi que trois bêtes rousses, d’une portée précédente. De temps en temps, l’une ou l’autre en périphérie du groupe émerge de son sommeil, se lève avec nonchalance et vient s’installer au milieu de l’amas, en piétinant ses congénères au passage. Quelle chance de pouvoir assister à cette sieste familiale.

La quiétude de la scène et le bien-être des animaux sont communicatifs.

Installé en surplomb, immobile, je contemple et dessine. Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de pouvoir admirer et détailler dans de telles conditions ces mammifères habituellement nocturnes. Les heures passent et ma concentration s’émousse, car je ressens maintenant la morsure du froid. La température à l’ombre est encore basse en ce mois de mars.

Après avoir rassemblé mes affaires, je déploie difficilement mes jambes engourdies et m’en vais aussi discrètement que je suis arrivé. Je rejoins, d’un pas rapide, la lisière proche et reste un moment debout, les yeux fermés face au soleil, pour emmagasiner un peu de chaleur.

Alors que je me remets en route, je croise un papillon citron qui longe le bois d’un vol décidé et plus tard j’entends le chant mélodieux d’une fauvette à tête noire. Le printemps est là!

 

 

 

 

 

 

 

Texte(s): Pierre Baumgart
Photo(s): Pierre Baumgart

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