berne, Lenk-Adelboden

#3 Balade sur les pistes de La Lenk à Adelboden

Jusqu’à fin août, les journalistes de «Terre&Nature» se relaient sur les sentiers de ce parcours à ­travers les Alpes. Au programme, randonner des Préalpes vaudoises au pied de l’Eiger, dans l’Oberland bernois.

La cloche de l’église de La Lenk (BE) retentit, il est 7 h 30. On avale la dernière goutte de notre café en écoutant les paysans qui refont le monde à côté de nous, après avoir livré leur lait. Leur journée est déjà bien entamée, la nôtre, elle, ne fait que commencer. Ils remonteront bientôt sur leur alpage prendre soin de leurs vaches simmentals. Après un dernier regard sur la carte, on s’élance, en espérant secrètement que cette étape ne nous mènera pas au Wildstrubel, culminant à 3244 mètres d’altitude, même s’il ferme de la plus majestueuse des façons la vallée. Notre objectif est – heureusement – plus modeste: aujourd’hui nous sommes attendus à Adelboden, station de sports d’hiver bernoise connue comme étant l’hôte, depuis 1956, d’une manche de la Coupe du monde de ski. La descente risque d’être musclée! Bâtons de marche en main, on s’imagine déjà en train de godiller jusqu’au bas des pistes.
Mais avant d’y arriver, il faut s’attaquer à la montée jusqu’au col du Hahnenmoos, 1000 mètres au-dessus de la gare de La Lenk, notre point de départ. On grimpe sur le sentier numéro 1, celui de la Via Alpina, bien indiquée à cet endroit. C’est rude, les lacets s’enchaînent. Les racines de massifs sapins se muent en marches d’escalier facilitant l’ascension. La vue, sur toute la vallée, est l’excuse idéale pour faire une pause. Ou deux, histoire de reprendre son souffle entre les tourniquets délimitant les pâturages. Les chalets en bois se succèdent. On entend et on sent les vaches, mais on ne les voit pas, elles se reposent au frais dans leur étable. On ne peut s’empêcher d’aller leur rendre une visite, furtivement, avant de poursuivre notre conquête des sommets. À Brandegg, on croise un bus entre deux virages en épingle. Il se rend au restaurant de Bühlberg, l’une des étapes de notre randonnée. Voilà un trajet qui nous aurait épargné des kilomètres de montée! On se rassure en se disant qu’on a ainsi mérité notre café dans cet établissement. Mais c’est compter sans une attaque subite de taons, qui nous enlève l’envie d’y faire un arrêt. Autant continuer à grimper en direction du col…

Rencontres au sommet
Une heure plus tard, on franchit enfin le col du Hahnenmoos, point de liaison entre le Simmental et la vallée de l’Engstligen. Le premier hôtel y a été construit en 1905, on y accédait alors à cheval. Quelle épopée! Aujourd’hui, les randonneurs y montent en télécabine, même en voiture pour certains. Voilà qui a moins de charme, dommage, parce que l’ascension est belle. Au sommet, de drôles d’oiseaux tournoient au-dessus de nos têtes. Ce ne sont ni des gypaètes ni des aigles (qu’on apercevra finalement un peu plus bas), mais des modèles réduits d’avions. Leur ballet aérien nous fait presque oublier la beauté de la flore. Dans ce haut marais d’importance nationale, elle est exceptionnelle. On l’admire sans quitter le chemin, de peur d’écraser une espèce protégée.
Les nuages s’amoncellent soudain au sommet des montagnes, on entame donc notre descente sur la route jusqu’à Geils, en esquivant les trottinettes utilisant le même tracé. L’eau est omniprésente: dans les marais, de minces cours d’eau lézardant les prés verdoyants ou jaillissant de sources insoupçonnées. Le ciel aussi est strié, mais par les câbles des télécabines cette fois. Même les bancs ont été remplacés par des télésièges, autant de signes qu’ici, c’est le ski qui domine, été comme hiver. Arrivés au pied des pistes, on rejoint un sentier caillouteux le long du bouillonnant Glisbach. Le canyon formé par ce torrent est impressionnant. On le suivra pendant plus d’une heure, profitant de sa fraîcheur, avant de rejoindre les rives de l’Allenbach menant à Adelboden. On y découvre les surprenants bains de Gruebi, datant de 1931. L’œuvre de l’architecte Beda Hefti – qui a participé à la construction de ceux de la Motta à Fribourg – est une véritable incitation à un plongeon revigorant, pour nous remettre de notre marche.

+ D’infos Prochaine étape: Adelboden-Kandersteg.

étapes

Le col du Hahnenmoos

Le col du Hahnenmoos, l’un des hauts marais protégés du pays, est prisé par les amateurs de modélisme.

Simmental

On y accède par un sentier offrant une vue spectaculaire sur la vallée de la Simme.

Torrent impétueux

L’eau est omniprésente, que ce soit dans les torrents, comme le Glisbach notamment…

Adelboden

… Ou dans les bains de Gruebi à Adelboden, qui ont rouvert en juin.

Texte(s): Céline Duruz
Photo(s): Céline Duruz/DR

infos pratiques

Y aller

En train ou en voiture jusqu’à Lenk. Possibilité de parquer sa voiture à Spiez, à mi-chemin des deux stations, et de prendre le train jusqu’à destination. Le retour peut aussi se faire en télécabine via le col du Hahnenmoos.

Le parcours

Comptez 5 h pour réaliser ces 14 km d’un dénivelé de +985 m et -730 m. Possibilité de le raccourcir en prenant le bus, les télécabines ou en louant une trottinette.

Se restaurer

Au col du Hahnenmoos jusqu’au 20 octobre. Il y a des libres-services paysans sur le tracé, de quoi se faire un bon pique-nique (monnaie obligatoire).