Sous le charme du Simmental

Balades

berne, La Lenk

Sous le charme du Simmental

Des paysages alpins à couper le souffle, une campagne romantique à souhait et des kilomètres de sentiers qui fleurent bon l’aventure, ce coin des Alpes bernoises ne peut que séduire le randonneur.

Embarqués dans l’une des nouvelles cabines à thème des remontées mécaniques qui mènent au Leiterli, nous sommes tout ouïe au truculent récit de Mona, une sympathique vache du Simmental. Elle nous raconte avec humour sa saison à l’alpage alors qu’autour de nous, le paysage se modifie, s’étale bientôt en larges pâturages puis grandit démesurément.
Notre enthousiasme est tel qu’il se transforme en énergie débordante devant le cadre époustouflant du «Plus beau fond de vallée des Alpes», ainsi que l’appellent avec fierté les Simmentalois. Elle sera utile, plusieurs heures de marche nous attendent. Amorce facile de ce circuit, la piste caillouteuse – accessible aux poussettes tout-terrain – qui s’enfuit vers les sommets nous fait traverser une pente couverte des coussinets verts du rhododendron.

200 millions d’années à Gryde
Puis, au détour du chemin, de surprenantes stries de roches claires apparaissent, tranchant sur un fond herbeux. Le site de Gryde est une curiosité géologique. Cette roche sédimentaire, issue de l’évaporation de marais salants, est du gypse. Étudié de près, ce minéral râpeux présente des formes sinueuses, de fines nuances de couleurs. Le photographe se sent démuni pour transmettre la force qui émane de ce paysage cristallisé. Le soudain tintement de quelques sonnailles nous ramène alors les pieds sur terre. Et puis l’heure passe, il nous faut reprendre la route. Nous pensions avoir vu l’essentiel de Gryde en rejoignant la corniche qui offre un beau coup d’œil sur le Saanenland voisin. Tant s’en faut. Le chemin slalome encore longuement sur la crête sommitale, entouré de part et d’autre d’entonnoirs rocheux au fond desquels la flore s’est installée. Sans être dangereuse, cette spectaculaire partie du circuit demande un peu d’attention.

Les gorges du Wallbach
À la suite du passage du col de Trüttlisberg, le panorama prend une autre ampleur par l’angle latéral sous lequel on le voit. Derrière une succession de vallonnements, les alpes forment une ceinture rocheuse qui semble infranchissable. Le col du Rawil qui mène à Sion, via le lac de Tzeusier, s’y cache pourtant. Sur le flanc du vallon que nous descendons pour atteindre Obere Lochberg, de petits étangs s’égrènent ensuite comme des pépites. De grandes libellules les survolent alors que des larves de tritons se tiennent tapies sur le fond. Une fleur se développe en nombre dans ces marais: la swertie vivace, splendide petite gentianacée qui aime vivre le pied dans l’eau et se localise principalement sur le versant nord de nos Alpes.
Une fois le pont sur le Wallbach traversé, un chemin forestier très plaisant mène jusqu’au Walleg. Une étape propice à la méditation, à la flânerie, mais ouvrez tout de même l’œil! Des chamois traversaient la rivière lors de notre passage, et un panneau de la Trace du lynx – un autre sentier didactique de La Lenk – nous rappelle que cet animal secret tient aussi ses quartiers dans ce milieu forestier dense.
Du Wallegg Stube, plutôt que de rejoindre directement La Lenk, nous préférons poursuivre cette belle aventure d’un jour au milieu des mousses et des larges feuilles de pétasite, par le sentier qui plonge de 100 mètres et conduit au fond des gorges du Wallbach. Les chutes du ruisseau y ont poli la roche, sculpté un beau relief qu’il est facile d’admirer depuis des passerelles. De retour à La Lenk, notre regard se tourne une fois encore vers l’impressionnante cascade qui jaillit de la roche en contrebas du glacier de la Plaine-Morte. La Lenk recèle bien d’autres richesses naturelles. Et, notamment, les réputées sept fontaines, sources de la Simme. Mais la nuit tombe, ce sera pour un autre jour.

Texte(s): Daniel Aubort
Photo(s): Daniel Aubort/Infographie Pascal Erard

infos pratiques

Y aller

En transports publics
Arrêt de Zweisimmen, via Montreux, ou InteRegio via Berne, puis train régional pour La Lenk. Télécabine Lenk-Leiterli.
En voiture
Rejoindre Zweisimmen via Château-d’Œx, Saanen, ou par les cols du Jaun ou du Pillon. Suivre La Lenk. Télécabine Lenk-Leiterli.

Le parcours

Parcours de difficulté moyenne de 13 km, pour 4 h 30 effectives de marche. Dénivelé de +190/-1070 m. Carte de l’OFT au 1:25 000 No 1266, Lenk.

Se restaurer

Le Wallegg Stube, tél. 033 733 16 35. Berghotel Leiterli, tél. 033 736 30 00.