genève, Choulex

Balade dans la Camargue genevoise

Des milliers d’oiseaux migrateurs font escale chaque printemps au marais de Sionnet, à Choulex. À condition d’être équipé de bonnes jumelles, on peut y faire ces jours de magnifiques observations.

Si, comme nous, les oiseaux migrateurs faisaient usage de cartes lorsqu’ils se déplacent, le marais de Sionnet y figurerait certainement comme une halte cinq étoiles. Ce n’est pas un hasard si le site est connu des ornithologues, eux aussi nombreux à y faire escale au printemps. À cette période de l’année, le marais bruit de vie. Des hirondelles et des milans noirs survolent le site, les grenouilles vertes coassent aux heures chaudes du jour, des caquètements se font entendre entre les roseaux. Qu’il fasse beau ou mauvais, les lumières sont souvent somptueuses, avec le ciel qui se reflète en miroir dans les eaux de la plaine inondée. Le circuit que nous vous proposons est court, mais il invite à la contemplation.

étapes

Sarcelle d'été

Annonciatrice des beaux jours, la sarcel le d’été (Spatula querquedula) est un migrateur au long cours, capable de survoler sans escale le Sahara et la Méditerranée. Le mâle en livrée nuptiale est reconnaissable à la large bande blanche en forme de demi-cercle quipart de l’œil et court jusqu’à la nuque.

Sarcelle d'hiver

Le mâle de la sarcelle d’hiver (Anas crecca) est le plus petit des canards de surface et l’un des plus beaux aussi. Avant de le voir, on entend souvent son sifflement flûté. Le jour de notre venue, plusieurs individus barbotaient à dix mètres de nous.

Bruant des roseaux

Aisément reconnaissable à la cagoule noire qui recouvre sa tête et sa gorge, le mâle adulte de bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) en livrée nuptiale a un petit air de bandit. En dehors de la saison de reproduction, il est plus difficile à identifier, tout comme les femelles et les juvéniles, dotés d’un plumage plus uniforme. Comme le laisse entendre son nom, il affectionne les zones humides et les roselières.

Gorgebleu à miroir

Le gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) est un bijou volant. S’il est relativement rare et plutôt farouche, il se laisse parfois observer d’assez près, notamment dans les roselières des Prés-de-l’Oie, où on peut aussi l’entendre chanter.

Combattant varié

En le voyant picorer dans la vase, difficile d’imaginer le mâle du combattant varié (Calidris pugnax) se parant d’une collerette bouffante et colorée pour défier ses semblables dans des champs inondés de Scandinavie, à la saison des amours. Lui aussi a été vu ces derniers jours à Sionnet.

Texte(s): Alexander Zelenka
Photo(s): Alexander Zelenka/DR

infos pratiques

Y aller

En transports publics: de la gare Genève-Cornavin, prendre le tram 16 en direction de Moillesulaz, descendre à Tronchet et prendre le bus C jusqu’à l’arrêt Route de Presinge. De là, descendre vers la plaine de Sionnet à pied (vérifiez les correspondances avant de partir).
En voiture: parking gratuit au départ du sentier, à côté d’un petit bois.

Le parcours

Moins de 3 km, aucune difficulté. Compter 2 heures en prenant votre temps.

Se restaurer

Si vous poussez jusqu’au village voisin de Presinge, arrêtez-vous à l’Auberge des ­Vieux-Chênes. Cuisine du terroir goûteuse et généreuse, desserts à tomber, jolie carte de vins genevois. Route de Presinge 121, 1243 Presinge, tél. 022 759 12 07, www.vieuxchenes.ch (le restaurant est fermé les mercredis
et jeudis).

A emporter

Des jumelles, sans quoi vous ne verrez pas grand-chose.