genève, Genève

Balade romantique le long de l’Hermance

Frontière naturelle entre le canton de Genève et le département de la Haute-Savoie, l’Hermance a conservé un tracé sinueux. Au fond de son vallon boisé, ses méandres se prêtent à une flânerie romantique.

En ce jour glacial de janvier, l’Hermance se noie sans bruit dans un lac Léman parfaitement lisse. Au loin, sur la rive vaudoise, on distingue à peine les maisons de Coppet, enveloppées de brume. Cinq canards s’envolent à l’embouchure de la rivière, pour disparaître rapidement. La traversée du village d’Hermance, dont certaines bâtisses conservent leur caractère moyenâgeux, nous mène à Bourg- Dessus. De cette ancienne place forte ne reste plus que le donjon de forme cylindrique. Deux cents mètres plus loin, au pont de Bouringe, nous quittons le monde urbain pour entrer dans le cordon boisé du vallon de l’Hermance. La transition est rapide. La plongée dans ce milieu protégé depuis 1979 s’annonce d’emblée comme une magnifique découverte. Les rivières de plaine qui ont conservé un tracé aussi intact sont rares.
À l’instar de plusieurs zones naturelles du canton de Genève, ce vallon vit bien loin des nuisances propres aux centres-villes. Ici règne une belle sérénité et seule l’Hermance semble avoir droit à la parole. Nous ne sommes pas les uniques promeneurs à l’apprécier. En chemin, nous croisons un habitant du village avec lequel nous échangeons quelques mots. Il ne cache pas son plaisir de pouvoir jouir d’un tel environnement. Et pour lui, le langage de la rivière varierait subtilement au gré de son humeur du jour. La rivière franco-suisse a peut-être ses propres expressions.

La rivière fait la frontière
Cette période de basses eaux hivernales dévoile admirablement le décor glacé que le froid tenace de ces dernières semaines a créé. De longues tiges de lierre, transformées en pendeloques scintillantes, oscillent à fleur d’eau. Formes et arabesques remodèlent à leur manière l’Hermance partiellement gelée. On la croirait habillée d’une pelisse. Une seconde peau, tantôt opaque, tantôt translucide lorsqu’elle épouse les roches et galets qui émergent au milieu du courant.
Du haut d’un promontoire, ses méandres serrés racontent aussi sa vie. Sa nonchalance trompeuse. Des berges terreuses mises à nu témoignent de la force des crues qui dévalent parfois jusqu’au lac. Difficile pourtant d’imaginer une quelconque violence devant cette rivière aujourd’hui si tranquille. Tout à côté, en bordure directe du chemin, une ouverture en forme de toboggan apparaît dans le sol au pied d’un arbre. Cette résidence avec vue, qui doit valoir son pesant d’or, est un terrier creusé par le blaireau. Des feuilles en obstruent l’entrée. Elle n’a donc pas été utilisée depuis un certain temps. Une seconde ouverture dans la pente, plus discrète, laisse en revanche deviner une utilisation récente. Avec les vignobles genevois tout proches, et sa gourmandise connue pour le raisin, l’animal est malin. Peu après le surprenant village de yourtes de Crévy, installé à quelques enjambées du côté français de la rivière, les restes d’une cabane sont encore visibles. Elle raconte à elle seule le plaisir d’enfants certainement ravis d’être propriétaires d’une si belle place de jeu.
Si on ne veut pas être surpris par la nuit, il est trop tard pour faire le trajet en sens inverse. Après 1 h 30 d’une marche vivifiante, nous prenons le bus à Anières-Hutins. Il nous ramènera en quelques minutes jusqu’au village d’Hermance. Le temps de se remémorer le panneau placé sur le pont de Chevrens, qui dévoile les multiples facettes de ce vallon, notamment sa flore, ses insectes. Nul doute que le charme de cette balade se décline en toute saison.

Texte(s): Daniel Aubort
Photo(s): Daniel Aubort/Infographie Pascal Erard

infos pratiques

Y aller

En transports publics
De la gare CFF de Genève-Cornavin, trajet de 42 minutes par le bus No 25 pour Rive, puis par la ligne E jusqu’à Hermance. Pour le retour, arrêt de Sous-Chevrens à Anières-Hutins, direction Rive et Genève.

En voiture
Sortie Genève-Lac de l’autoroute Lausanne-Genève.
Traverser le pont du Mont-Blanc, puis suivre Thonon et Hermance. Parking à Hermance au départ de la balade vers le pont de Bouringe. Retour à pied par
le même chemin ou avec le bus de la ligne E depuis l’arrêt de Sous-Chevrens à Anières-Hutins.

Le parcours

Randonnée facile de 2 h (8 km) pour l’aller-retour à pied, ou de 1 h 30 (5,5 km) en prenant le bus pour le retour depuis Anières-Hutins. À partir d’Hermance, on gagne l’embouchure de l’Hermance, on traverse le village ancien, puis on gagne le pont de Bouringe. Remonter ensuite le cours de l’Hermance (dénivelé total de +84 m/-60 m) jusqu’à Chevrens. Bonnes chaussures conseillées. Carte de l’OFT au 1:25 000 No 1281 Coppet.

Se restaurer

Restaurant La Croix-Fédérale, rue du Nord 14,  1248 Hermance. Fermé lundi et mardi. Ouvert de 9 h 30 à 14 h et de 18 h à 22 h du mercredi au samedi.
Dimanche non-stop de 9 h 30 à 21 h. Tél. 022 751 34 30.

Se renseigner

Fiche rivière No 4 Hermance sous: www.ge.ch