berne, Lauterbrunnen

Via Alpina #7 de Lauterbrunnen à Grindelwald

Jusqu’à fin août, les journalistes de «Terre&Nature» se relaient sur les sentiers de ce parcours à ­travers les Alpes. Au programme, randonner des Préalpes vaudoises au pied de l’Eiger, dans l’Oberland bernois.

Il n’est que 7 h du matin et les premiers trains reliant Interlaken à Lauterbrunnen sont déjà bondés. Promeneurs et touristes se bousculent pour être les premiers à profiter de cette belle journée. Arrivés dans le village, c’est pourtant seuls et dans une atmosphère étonnamment silencieuse que nous entamons la randonnée. Le reste du groupe a préféré prendre le train à crémaillère qui gravit la vallée. En seulement quarante minutes, ils atteindront le point culminant de la balade: le col de la Petite-Scheidegg, au pied de l’Eiger. Mais pas question pour nous de brûler les étapes! Bâtons de marche en main et pique-nique sur le dos, c’est avec détermination que nous attaquons l’ascension.
Depuis le sentier, les abrupts précipices calcaires de Lauterbrunnen, qui attirent de nombreux amateurs de base jump, valent le détour. Quelques 72 cascades en jaillissent, dont la célèbre chute du Staubbach, qui aurait inspiré le poète allemand Johann Wolfgang von Goethe, en villégiature dans la région en 1779. Moins romantique, mais tout aussi surprenant, plusieurs scènes d’un épisode de James Bond ont également été tournées dans le bourg, deux cents ans plus tard. Deux écureuils nous extirpent soudain de nos rêveries. Nous voilà déjà au cœur de la station de ski de Wengen, qui sort doucement de sa torpeur matinale. Les premiers rayons du soleil caressent les toits des chalets et illuminent le Schwarzmönch. La cime de l’Eiger, elle, n’est pas encore visible. Longeant les rails et les remontées mécaniques, nous poursuivons notre chemin, accompagnés par quelques valeureux cyclistes. Le sentier devient plus raide lorsque nous pénétrons dans les bois, où les clairières fleuries invitent à la contemplation. Non loin, une fromagerie d’alpage borde le sentier. L’occasion rêvée d’y acheter quelques denrées. Motivés par la perspective de ce futur dîner, nous nous hâtons de grimper, suivis de près par le petit train et ses nombreux voyageurs qui nous lancent régulièrement des mots d’encouragement.

La face nord de l’Eiger
Le soleil tape fort lorsque nous atteignons la prairie de Wegernalp. Heureusement, le splendide panorama nous fait oublier la chaleur. Les sommets enneigés du Mönch et de la Jungfrau, qui culmine à 4158 m, s’offrent à nos yeux, sublimés par les glaciers du Guggi et du Giesen. Plus loin, l’impressionnante face nord de l’Eiger – qui signifie «grand épieu» en dialecte alémanique – se dresse enfin, sombre et vertigineuse. Pour s’en approcher, il faut encore marcher une heure à travers pâturages et alpages. Un agriculteur s’affaire justement à sortir ses vaches. Le tintement des cloches accompagne notre pèlerinage jusqu’à la Petite-Scheidegg. Avant la construction du chemin de fer en 1893, ce col permettait aux producteurs laitiers de rejoindre à pied a route d’exportation vers l’Italie, via le col du Grimsel. Aujourd’hui, ce haut lieu touristique et son hôtel Bellevue des Alpes accueillent en toute saison une foule de visiteurs. Si quelques chanceux y passent pour se rendre au sommet de la Jungfrau, le point le plus haut accessible par le rail en Europe, d’autres préfèrent flâner aux terrasses des cafés. Aujourd’hui, l’agitation est à son comble: il s’agit de la septième édition de l’Eiger Ultra Trail, une course de 101 km.
Après avoir grignoté notre casse-croûte, nous empruntons le même parcours que les coureurs pour atteindre Grindelwald. Motivés par leur foulée, nous nous mettons à dévaler la pente, le Wetterhorn en arrière-plan. Mais le chemin est escarpé et notre entraînement quasi inexistant. Une pause rafraîchissante près d’un ruisseau nous semble plus sage, avant de reprendre la route plus calmement. Arrivés dans la station, nous profitons tout de même de l’animation pour intégrer le peloton et franchir la ligne d’arrivée. Car même en marchant, parcourir la Via Alpina mérite bien quelques applaudissements!

+D’infos Prochaine et dernière étape: Grindelwald-Meiringen.

étapes

Lauterbrunnen

Lauterbrunnen et l’impressionnante cascade du Staubbach constituent le point de départ de cette étape.

L'Eiger

Si la ­totalité de l’itinéraire peut s’effectuer en train jusqu’au sommet de la Jungfrau, le sentier pédestre permet d’admirer la face nord de l’Eiger.

Grindelwald

La station de Grindelwald s’offre à nous, avec le Wetterhorn en arrière-plan

Texte(s): Lila Erard
Photo(s): Lila Erard/Suisse Tourisme

infos pratiques

Y aller

Possibilité d’effectuer tout le parcours en train. La route est aussi accessible en voiture jusqu’à Interlaken, Lauterbrunnen ou Grindelwald.

Le parcours

Comptez 7 heures de marche pour 20 kilomètres, avec un dénivelé de +1400 m et -1150 m. Pour raccourcir le trajet, possibilité d’aller en train à Wengen ou Wengernalp.

Se restaurer

Plusieurs restaurants longent les rails. Les plus réputés: l’Hôtel Bellevue des Alpes
à la Petite-Scheidegg, tél. 033 855 12 12 et l’Hôtel Jungfrau Wegernalp, en face de la gare, tél. 033 855 16 22.