Du Röstigraben au sommet du Röti

Balades

obwald, Weissenstein

Du Röstigraben au sommet du Röti

À cheval entre la Romandie et la Suisse alémanique, la montagne du Röti surplombe la vallée de l’Aar. Si ce lieu est très prisé des Soleurois, il reste pourtant méconnu de l’autre côté de la Sarine. À découvrir!

Le village d’Oberdorf est le dernier arrêt avant que le train ne s’engouffre sous l’imposant massif du Weissen­stein. Cet énorme pli de calcaire marque la fin du Plateau suisse, une terrasse surplombant la vallée de l’Aar et la ville de Soleure. On renonce à prendre la télécabine qui mène directement à l’Hôtel du Weissen­stein pour s’engager sur la piste qui monte vers la forêt. Le sentier s’enfile entre de hautes parois rocheuses sur lesquelles des pins s’accrochent de toutes leurs racines.
En ce début de novembre, les feuillus ont terminé leur mue et le sol de la forêt est recouvert d’un épais tapis cuivré. Après la station intermédiaire de la télécabine, le sentier se rétrécit et grimpe directement vers le col du Weissenstein. La pente qui y mène passe pour une des plus raides du pays. Avec sa déclivité de 22 degrés, elle fait chauffer les mollets des cyclistes qui viennent de loin pour s’y frotter.

Du sous-sol aux étoiles
Après quelques efforts, on arrive à l’hôtel, un ancien sanatorium où les «malades des nerfs» venaient s’apaiser à grand renfort de petit-lait et d’air pur de la montagne. C’est aujourd’hui un centre de loisirs pour les familles soleuroises qui viennent y apprécier le panorama sur les Alpes bernoises ou flâner dans le jardin botanique attenant. Située à quelques centaines de mètres, la grotte du Nidlenloch est quant à elle prisée des spéléologues, attirés par son système karstique profond de plus de 400 mètres et dont les galeries s’étendent sur 7,5 kilomètres.
Dressée devant l’hôtel, une grosse boule jaune à la peinture écaillée attise notre curiosité. La plaque qui y est apposée indique qu’il s’agit du… Soleil! Nous sommes en effet au début du chemin des Planètes, qui reproduit au milliardième la distance entre les astres. Encouragé par l’idée que chaque pas nous fait avancer d’un demi-million de kilomètres, on suit le chemin qui longe la crête du Weissenstein.

Cache-cache avec les sommets
Après une demi-heure de marche, on atteint le Röti, troisième plus haut sommet du Jura alémanique. En regardant vers l’est, le massif s’étire jusqu’aux Vosges, qu’on aperçoit par temps clair. C’est rarement le cas en cette saison, mais les brumes qui s’écrasent sur les contreforts de la montagne sont tout aussi impressionnantes. Plein sud, le mur dentelé de la crête nord des Alpes marque l’autre extrémité du Plateau. La silhouette du Schreckhorn, le plus septentrional des 4000 mètres européens, se découpe nettement sur le ciel qui commence déjà à tirer sur le rose. Du Röti, le chemin longe la crête qui s’affine avant de plonger dans la forêt. L’itinéraire contourne la falaise et traverse un alpage en direction du col du Balmberg. On passe devant des remontées mécaniques qui, à 1000 mètres d’altitude, ne doivent plus tourner bien souvent. S’il est possible d’attendre le car postal au col pour rejoindre Balm bei Günsberg, nous préférons continuer de suivre le sentier qui descend à travers champs. En une heure, on atteint de nouvelles gorges calcaires qui s’ouvrent sur la vallée. À droite, la falaise de Balm ruisselle encore d’une récente averse. Elle abrite les ruines d’une des seules grottes fortifiées de Suisse. C’est un trou humide dans lequel des hommes se sont autrefois barricadés. Il n’en reste que quelques murs de pierre, et un escalier qui n’est pas d’origine mais qui permet d’aller jeter un œil. On se demande ce qu’auraient pensé les bâtisseurs de cet abri s’ils avaient vu les grimpeurs qui parcourent la paroi. Leur voie d’escalade se joue de la muraille et va droit au sommet. Depuis Balm, le sentier longe le pied de la falaise en direction d’Oberdorf. On peut s’épargner cette dernière heure de marche avec le bus en passant par Soleure.

Texte(s): Vincent Jacquat
Photo(s): Vincent Jacquat/Infographie Pascal Erard

infos pratiques

Y aller

En transports publics
On rejoint Oberdorf en train de Soleure ou de Moutier. De là, on peut monter directement au Weissenstein en télécabine.
En voiture
Autoroute A5 jusqu’à Soleure. De là, compter dix minutes jusqu’à Oberdorf. Il est possible de se garer sur le parking de la télécabine.

Le parcours

Long de 12 kilomètres jusqu’à Balm bei Günsberg, affichant 700 mètres de dénivelé à la montée comme à la descente, cet itinéraire ne présente pas de difficultés particulières, si ce n’est peut-être la descente dans la forêt après le Röti. Pour le parcours complet, compter 4 heures de marche.

Se restaurer

L’hôtel du Weissenstein est ouvert toute l’année. La terrasse offre une magnifique vue sur les Alpes, un endroit idéal pour prendre un verre. Il est aussi possible d’y passer la nuit. Pour manger, préférer un des restaurants d’alpage dont certains sont encore ouverts en novembre.

À noter

Chaque été, l’alpage du Weissenstein accueille le festival Uhuru. Des concerts de musique du monde sont organisés. En 2018, l’événement aura lieu du 28 juillet au 3 août. Plus d’informations sur uhuru.ch

Se renseigner

Brochures de l’Office du tourisme de Soleure disponibles sur leur site: www.solothurn-city.ch