valais, Sion

Balade conviviale à travers le vieux Sion, un verre à la main

Déguster ou visiter, nul besoin de choisir avec la balade Sion & Wine Tour proposée par l’Office du tourisme. Un harmonieux assemblage de promenade dans les ruelles de la vieille ville et de découverte des vins.

Dans la vieille ville de Sion, les époques et leurs vestiges s’entremêlent en couches serrées, formant un assemblage historique et architectural à l’atmosphère unique. Un peu comme les saveurs des terroirs qui se bousculent dans un verre d’amigne ou de cornalin! Des ambiances et des arômes qui, d’ailleurs, s’accordent en un mariage idéal; les instances touristiques de la ville le savent bien et proposent un grand nombre d’activités et de visites guidées conjuguant la découverte du terroir urbain avec celle des crus de la région.
Le succès de la Balade des Divins a ainsi conduit l’Office du Tourisme à élaborer le Sion & Wine Tour, qui en est une déclinaison spécialement conçue pour les touristes (l’original ciblant spécifiquement les groupes). Le concept est identique: une promenade à travers rues et monuments de la vieille ville, commentée par un ou une guide agréé(e) et ponctuée par la dégustation de quelques crus des membres de l’Association des encaveurs de Sion. Mais là où la Balade voit grand et inclut un repas entier (voir encadré page 17), le Sion & Wine Tour ne comprend que trois monuments et cinq vins accompagnés d’une assiette valaisanne. Et se montre aussi plus flexible: s’il est indispensable de réserver la balade, on peut la faire jusqu’à deux heures à l’avance, et trois départs quotidiens sont prévus, à 10 h, 15 h 15 ou 17 h.

Une guide passionnante
C’est donc en milieu d’après-midi qu’on se retrouve au départ de l’itinéraire, dans les murs de l’Office du tourisme – aujourd’hui assiégé par les attractions du Luna Park et les cris des gamins qui les prennent d’assaut. Quoi de plus adéquat qu’un verre de fendant, vin d’apéritif par excellence, pour entamer notre périple? Notre petit groupe se met bientôt en route, sur les pas de Ginette, notre guide du jour. Notre première étape est précisément la Planta (les records kilométriques ne sont pas au programme de cette flânerie tout en douceur…). Passionnée par son sujet, qu’elle maîtrise d’ailleurs à la perfection, notre guide nous retrace en quelques touches précises les origines de Sion, plus vieil établissement sédentaire de Suisse. Ce qui est à relever, souligne la spécialiste, car les débordements du Rhône, fréquents depuis la nuit des temps et auxquels la mise sous tutelle du fleuve n’a mis fin que dans la dernière moitié du XXe siècle, rendaient la plaine peu propice à l’habitat humain: «Les premiers habitants ont sans doute choisi de s’installer sur un cône alluvionnaire protégé des crues.»
En passant devant la cathédrale, puis la résidence des princes-évêques et celle du gouverneur, nos pas nous amènent devant la tour des Sorciers, notre deuxième station. C’est le dernier vestige des fortifications qui entouraient jadis la ville, et dont le tracé a d’ailleurs été rendu visible par un pavage spécifique au sol. On marche, littéralement, sur plusieurs époques… En 1830, les autorités sédunoises ont pris la décision de détruire les remparts, pour des raisons sanitaires, précise Ginette: «Les ruraux étaient alors situés à l’intérieur de l’enceinte et non au-dehors comme dans la plupart des bourgs médiévaux. Il est vraisemblable que cette cohabitation entre humains et animaux de rente a entraîné de tels problèmes d’hygiène que la ville n’a pas eu d’autre choix que d’y mettre fin.»

À l’intérieur de la tour
La forme unique de la tour des Sorciers nous rappelle aujourd’hui qu’elle constituait alors l’angle nord-ouest des murailles. Mais notre balade ne va pas se limiter à en admirer la silhouette élancée à la toiture étrange évoquant un chapeau pointu, particularité qui lui donne sans doute son nom. Il faut dire que ce dernier colle particulièrement bien à l’allure plutôt inquiétante de l’édifice… Et c’est avec un petit frisson qu’on y pénètre sur les talons de Ginette. À raison: au Moyen Âge, la bâtisse a servi de lieu de détention et de torture. En témoigne notamment une oubliette qui s’ouvre sous nos pieds et qu’on évite soigneusement avant de s’engager dans l’escalier en colimaçon qui monte au sommet de la tour. Au premier étage, une maquette de la ville telle qu’elle se présentait au XVIIe siècle permet à notre guide de compléter ses explications, et à nous autres visiteurs d’apprécier d’autant mieux le coup d’œil sur les rues alentour dont on dispose après avoir gravi une dernière volée de marches étroites. C’est là qu’autrefois on soumettait les condamnés à la «question», nous révèle-t-on. En ce qui nous concerne, un traitement autrement plus agréable nous est réservé, avec la dégustation d’une petite arvine aux notes d’agrumes finement iodées. Nectar qu’on apprécie pleinement, conscient du fait que bien des Sédunois nous envieraient de profiter ainsi d’un monument aussi emblématique fermé au public en temps normal.

Dégustation souterraine
Une expérience exclusive que la dernière étape du parcours va nous permettre de répéter, puisque nous revoici devant l’église Saint-Théodule. En faisant coulisser une lourde porte horizontale montée sur des rails, Ginette nous ouvre en effet l’accès aux ruines des thermes romains sur lesquels l’église a été construite. «Ici, on remonte le temps au fur et à mesure que l’on descend!» Sous les fondations millénaires et la nécropole qu’elles abritent, des piles et des murets encore plus anciens tracent distinctement les contours du calderarium, le bain d’eau chaude de ce spa antique, construit vers la fin du Ier siècle apr. J.-C.; un peu plus loin se dévoile à nous ce qu’il reste de l’ingénieux système de chauffage qui permettait de tempérer à la fois l’eau et l’atmosphère des lieux. À l’aide de plans et de dessins, notre guide nous en fait saisir le principe; un verre de johannisberg, à la minéralité surprenante et bien en accord avec l’ambiance de céans, va nous y aider.
On retrouve bientôt la lumière du jour. Notre petit périple historique et œnophilique touche à sa fin. Celle-ci se profile à quelques rues de là, au Verre à Pied, le bar-œnothèque de l’Association des encaveurs de Sion. Après un passage éclair à la Grenette, fameuse échoppe où les délices locales tiennent le haut du pavé, pour y récupérer un beau plateau de fromages et de salaisons. On l’accompagnera des deux derniers vins de notre programme – et seules notes rouges de cet assortiment dominé par les vins blancs. Une petite agape où les membres de notre petit groupe fraternisent sans chichi, et qui nous donne l’irrésistible envie de revenir. Pourquoi pas, après tout: si le trajet reste le même, la sélection des vins est l’objet d’un tournus mensuel parmi les encaveurs sédunois. Qui sait si l’atmosphère de ces vieilles pierres, qu’elles soient médiévales ou antiques, ne se teinte pas d’arômes subtilement différents selon qu’on les accompagne d’une humagne blanche ou d’un païen?

+ D’infos www.siontourisme.ch, www.sioncapitaledesvins.com

étapes

Grand Marché de Pâques

Quelque 200 exposants dans la vieille ville; le must: la 2e manche de la Battle chasselas raclette, de 11 h à 17 h sur la place du Scex.
+ D’infos Vendredi 19 avril, www.siontourisme.ch

Jardin des vins

Les 15 membres de l’Association des encaveurs de Sion, réunis au Domaine des Îles pour un marché-dégustations, des concerts, de la restauration, des visites, etc.
+ D’infos Du 30 mai au 1er juin, www.jardin-des-vins.ch/sion

Balade des Divins

Une déclinaison avec repas de notre escapade: 3 h 30, 8 vins de 3 encaveurs, 2 vins historiques, un menu «terroir urbain» à 3 suites et une visite historique accompagnée.
+ D’infos 89 fr./personne, sur réservation, www.siontourisme.ch

Fête du goût

Trois jours pour lancer la Semaine du goût, célébrée ainsi depuis plus de quinze ans. Restauration, animations, rallyes, etc. Invitée d’honneur: la distillerie Morand.
+ D’infos Du 12 au 14 septembre, www.gout.ch

Ferme-Asile

Galerie-restaurant à la carte créative mettant en valeur les produits locaux et expositions d’artistes contemporains (jusqu’au 28 mai, Robert Ireland, «Behave»).
+ D’infos Promenade des Pêcheurs 10, www.ferme-asile.ch

Celliers de Sion

L’œnoparc ouvert en 2018 propose des parcours de découverte des vins, des visites guidées fixes ou sur réservation, et sa traditionnelle balade le long du bisse de Clavau.
+ D’infos Route d’Italie 9, www.celliers.ch

Texte(s): Blaise Guignard
Photo(s): Sion Tourisme/lumiere.ch/Blaise Guignard

infos pratiques

Y aller

En transports publics
Gare CFF de Sion.
En voiture
Autoroute A9, sortie Sion-Ouest, parking couvert payant de la Planta.

Le parcours

Boucle piétonne dans la vieille ville, départ et arrivée à l’Office du tourisme, place de la Planta. Parcours sans aucune difficulté d’environ 1,5 km, passant par la tour des Sorciers et les thermes romains situés sous l’église Saint-Théodule; compter 2 bonnes heures. Toute l’année à 10 h, 15 h 15 et 17 h du lundi au samedi, sur réservation (min. 2 h à l’avance). 59 fr./pers. (min. 2 pers.).

Se restaurer

Le forfait Sion & Wine Tour comprend la visite guidée, ainsi qu’une assiette valaisanne et la dégustation de cinq vins de Sion.

Se renseigner

Office du tourisme de Sion, tél. 027 327 77 217, www.siontourisme.ch

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