vaud, Lausanne

Balade dans une féerie lumineuse

Poétiques, provocatrices ou hypnotisantes, les installations animées du festival Lausanne Lumières font du centre-ville un endroit magique qu’on redécouvre au gré d’une promenade à faire dès le crépuscule.

Comme le font désormais de nombreuses villes, le chef-lieu vaudois profite de la mainmise croissante de la nuit en décembre pour s’illuminer de tableaux géants qui contribuent à lui donner un air de fête – et, disons-le, à mettre un peu de couleur sur la morosité inquiète de cette fin 2020. Après huit éditions faisant la part belle à des installations en trois dimensions, le festival Lausanne Lumières propose cette année une galerie de projections proprement féeriques, sous lesquelles les bâtiments emblématiques du centre se parent de fantaisies mouvantes. Sur les huit sites qui composent cette promenade nocturne magique, une trentaine d’artistes tirent parti de la technologie du motion design, avec des œuvres mouvantes grâce auxquelles la balade prend chaque jour une allure différente. Un cornet de marrons ou un vin chaud acheté dans un petit kiosque en main, on passe de l’un à l’autre au rythme d’une flânerie qui réchauffe… et offre de nombreux points de vue panoramiques sur la ville et ses multiples niveaux; éclairage public, enseignes de néon et décorations de Noël s’y combinent aux installations lumineuses pour donner au tout des allures de calendrier de l’avent grandeur nature.​+ D’infos Jusqu’au 24 décembre, tous les jours dès 18 h 30.

étapes

Le pompeux palais peint
Bordée par l’austère Palais de Rumine, la place de la Riponne est souvent critiquée pour sa configuration jugée peu conviviale… Mais sous les chatoyances de l’artiste berlinois Daniel Margraf, la bâtisse, ses piliers et ses statues s’ornent de joailleries luxuriantes et de mystérieux bas-reliefs; pavés et escaliers se muent en un espace onirique et ludique dans lequel le passant plonge et devient lui-même partie de l’installation.
La cathédrale rajeunie
La technologie de l’illumination architecturale «Chromolithe», grâce à laquelle le moindre relief se voit coloré avec une précision millimétrique, c’est l’artiste français Patrice Warrener qui l’a inventée et la met en œuvre depuis plus de vingt ans dans le monde entier. Pour la seconde année consécutive, il revisite le portail Montfalcon de la cathédrale; l’incroyable finesse de la sculpture gothique acquiert ainsi une jeunesse qui aurait sans doute plu aux bâtisseurs.
Art brut sur façade
Dans cette installation réalisée par l’artiste Daniel Bettens, une dizaine d’œuvres sélectionnées parmi la collection de l’Art brut sortent des murs du musée et prennent vie sur une vaste façade offerte comme un écran géant aux spectateurs du pont Bessières. L’irruption d’un monde intérieur décalé dans un paysage urbain aux perspectives rythmées par ses propres lumières, avec la cheminée de Pierre-de-Plan comme un phare à l’horizon.
 
Flower Power
Avec «La Femme Arc-en-Ciel», l’iconographie organique et sensuelle des années 1960 s’anime en boucles hypnotiques, heureuses et indolentes. On pense aux lampes à plasma et aux robes à fleurs… Mais c’est la personnification du féminin telle que la chante le titre She’s a rainbow des Rolling Stones qui a inspiré l’illustratrice lausannoise Catherine Pearson, en collaboration avec sa complice designer Elisa Ciocca. Playlist sixties dans les écouteurs recommandée!
 
L’Hôtel du Père Noël

Ornée d’un majestueux sapin tout scintillant, devant un hôtel de ville transformé en château du Père Noël, la place de la Palud se pose comme une étape incontournable de Lausanne Lumières. Même si cette animation, comme les années précédentes, est offerte par les Services industriels et ne fait pas officiellement partie du festival… À noter que la projection remplace le spectacle son et lumière originellement programmé, Covid oblige.

Texte(s): Blaise Guignard
Photo(s): Blaise Guignard/DR

infos pratiques

Y aller

En transports publics: métro M2 station Riponne-Maurice Béjart.
En voiture: parking couvert Riponne.

Le parcours

Boucle de 2,7 km au départ de la place de la Riponne. Compatible avec poussettes et mobilité réduite à condition d’éviter les escaliers Riponne-rue Pierre-Viret et ceux du Marché en contournant le Palais de Rumine.

Se restaurer

Kiosque à marrons à la place Saint-François pour rester dans l’ambiance et se réchauffer les mains… Sinon, quelques tables bien locales sur le parcours – par exemple le Café de l’Évêché (rue Louis-Curtat 4, tél. 021 323 93 23) ou la Crêperie de la Chandeleur (rue Mercerie 9, tél. 021 312 84 19).

Se renseigner

lausannelumieres.ch – Lausanne Tourisme, place de la Cathédrale, tél. 021 613 73 73.