À Vétroz (VS), le domaine des Grandes-Îles propose en vente directe du lait produit par des reines

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À Vétroz (VS), le domaine des Grandes-Îles propose en vente directe du lait produit par des reines

Bertrand Pillet participe à notre opération «Lait solidaire». Aux heures de traite, on peut venir chercher du lait sur son domaine situé entre le Rhône et le canal. 

À Vétroz (VS), le domaine des Grandes-Îles propose en vente directe du lait produit par des reines

L’étable de Bertrand Pillet est un modèle du genre. Sa stabulation libre spécialement conçue pour des vaches d’Hérens a été construite il y a bientôt quinze ans par ses parents, Stéphane et Marie-Noëlle. «C’est un outil idéal pour faire découvrir l’agriculture au grand public», reconnaît le jeune exploitant. Proche de l’autoroute, facilement accessible, l’endroit est rêvé pour y développer également une activité commerciale de vente directe. «Transformer et vendre mes produits est une idée qui me trotte dans la tête depuis un moment, même si, pour l’instant, je ne l’ai pas incluse dans la stratégie de l’entreprise.» Bertrand Pillet ne chôme en effet pas entre 170 hectares de vignes, de vergers, de cultures maraîchères et céréalières ainsi que 90 vaches laitières. Ces dernières, dont une quarantaine d’hérens, passent l’été sur l’alpage de Pointet au-dessus de Conthey (VS). «Mais durant les six mois d’hiver, elles restent à la ferme. Le lait nous est acheté alors 50 centimes le litre. Autant dire une misère! s’insurge le Valaisan qui porte un regard lucide sur l’évolution de ce marché. On voit bien que les prix ne remonteront jamais à leurs niveaux d’antan. C’est pourquoi on aimerait sortir de cette spirale.» C’est pourquoi il n’a pas hésité à rejoindre l’opération lait solidaire de Terre&Nature, qui promeut sa vente au consommateur en direct. Si Bertrand Pillet a tenté l’aventure, il constate qu’«en Valais, les mentalités ne sont pas encore tout à fait prêtes à faire le pas. Le fossé entre consommateurs et producteurs est encore important.» Ses quelques clients, des fidèles, viennent aux heures de traite, entre 17 h et 19 h 30, avec leur propre contenant. «Nous avons surtout affaire à des familles du coin, mais également à des personnes qui avaient l’habitude de venir quand la ferme était située dans le village. Ils nous ont suivis», explique le jeune exploitant, qui appelle de ses vœux un développement de cette tendance: «On aurait tous, consommateurs comme paysans, à y gagner!»

+ d’infos Pour en savoir plus sur l’opération «Lait solidaire» de Terre&Nature: www.terrenature.ch/lait

Texte(s): Claire Muller
Photo(s): Claire Muller