Nature
Sophie Michaud-Gigon, responsable du secrétariat romand de Pro Natura. © Jean-Claude Curchod

Sophie Michaud-Gigon: Que toute la société s'engage pour la nature!

Marjorie Siegrist


Pro Natura, première organisation de protection de l’environnement de Suisse, fête ses 100 ans. Entretien, bilan et perspectives avec Sophie Michaud-Gigon, responsable du secrétariat romand.

Comment est née l’association?

La Ligue suisse pour la protection de la nature a été fondée en 1909, en vue de rassembler des fonds pour créer le premier parc national suisse dans le val Cluozza aux Grisons. Fixée à 1franc, la cotisation annuelle des membres devait servir à financer le bail et l’entretien du parc. Grâce au soutien subsidiaire de la Confédération, le premier parc national d’Europe de l’Ouest fut inauguré le 1er août 1914. Aujourd’hui encore, nous versons 1 franc par membre pour soutenir le parc.

Aujourd’hui, dans quels domaines orientez-vous vos actions?

Nous bataillons pour limiter le mitage du territoire. L’initiative pour le paysage, que nous avons lancée en 2008, avec d’autres organisations va dans ce sens. Nous voulons aussi pallier la diminution dramatique de la biodiversité en Suisse. En 2050, 1 million d’espèces auront disparu! Parallèlement, nous cherchons à augmenter les compétences environnementales de la population par le biais de la sensibilisation et de l’éducation. Pro Natura a, dès le début, fait oeuvre de pionnier dans ce domaine.

A quoi attribuez-vous la longévité de votre association?

Nous agissons en fonction des besoins de la nature avant tout, indépendamment des courants politiques, des modes. Je crois que nos membres apprécient d’abord notre expertise et nos compétences, notamment sur le terrain, dans la gestion des réserves naturelles.

Etat, communes, entreprises, médias, tout le monde semble aujourd’hui se préoccuper de la protection de l’environnement. Pro Natura aura-t-elle encore un rôle à jouer à l’avenir?

Il y a tellement à faire! A mon avis, les cent prochaines années n’y suffiront pas. Si un jour tout le monde se met à tirer à la même corde, nous ne pourrons que nous en réjouir. On ne se sentira pas concurrencé. Mon souhait personnel est que toute la société s’engage concrètement davantage pour la nature, le paysage et la biodiversité. (23 avril 2009)

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