A pied aussi
Jacques-Etienne Bovard
Partis braver les «creux» du matin sur le Léman, les traîneurs courageux sont rentrés pour la plupart «déçus en bien» de leur ouverture, voire «ravis». D’autres, avec moins de succès mais autant de mérite, ont tenté leur chance depuis le bord. Jacques-Etienne Bovard, notre chroniqueur halieutique, les a accompagnés.
L’ouverture du lac n’est pas réservée aux propriétaires de bateau de traîne uniquement: chaque année un peu plus nombreux, des pêcheurs à la ligne viennent tenter le coup à pied, principalement à l’embouchure des rivières (qui ouvriront le premier dimanche de mars 2010), au lancer (cuiller), au poser (ver de terre), même à la mouche (streamer). Ils piquent ainsi, rarement, de beaux spécimens revenus de fraie, plus souvent des chevesnes. «Et alors?, proteste Lino Toselli, d’Ecublens, (VD). En papillote avec des herbettes et du vin blanc, c’est un poisson succulent!» En tout cas, c’est l’occasion de passer une journée dans un paysage de rêve, en partageant force flacons et victuailles avec les copains. A défaut de tableaux de chasse pesants, ces mordus ont sur leurs confrères du large trois avantages indiscutables: dans le dos un feu qui pétille, sous leurs pieds un sol qui ne bouge pas, et dans l’oreille le chant du vent et des vagues sans bruit de moteur.



















