Maison
Dans les jardins familiaux de Rionzi, à Lausanne, Albert Massard a construit entièrement son cabanon.  © Jean-Claude Curchod

Construire son cabanon

Alain Mermoud


Tout jardinier a besoin d’un lieu où remiser ses outils, où conserver quelques bulbes, où ranger guides et agendas. Si l’idéal est un cabanon, son prix peut faire hésiter. A moins de le fabriquer soi-même. Exemple

Le commerce offre de nombreux modèles de coffres ou de cabanons à monter soi-même sans trop de difficultés. S’ils ne correspondent pas aux besoins spécifiques ou sont trop chers: on peut alors se lancer dans une construction sur mesure, moyennant un peu d’adresse manuelle et une idée claire sur la façon de procéder.

Une base solide

Le modèle dont la description suit est exécuté en bois traité à cœur (autoclave). Avant toute chose, il importe de bien estimer les besoins (place nécessaire au rangement, stockage, mobilier) pour définir les dimensions de l’ouvrage. On peut alors dessiner la maisonnette (plan et élévation), opération indispensable pour acheter le matériel nécessaire à sa réalisation. Dans notre exemple, cela donne 11 chevrons de 200 cm et de 6 x 8 cm de section; 8 chevrons de 200 cm en 4 x 6 cm et 12 en 5 x 5 cm; 16 m2 de planches rainées crêtées épaisses de ± 20 mm et large de ± 15 cm; 9 m2 de panneau épais de 22 mm en aggloméré qualité «marine» (hydrofuge).
Choisir et préparer l’emplacement: si nécessaire, dégager largement la végétation et aplanir la surface où va se dresser le cabanon.
Monter la base, faite de quatre lambourdes de 6 x 8 cm de section dont deux sont légèrement raccourcies (schéma 1, voir pdf); elles sont tenues entre elles aux quatre angles par de bonnes équerres métalliques solidement vissées. Fixer de même les trois chevrons de 4 x 6 qui rigidifient l’ensemble et supporteront le plancher. Placer ce châssis de base sur des plots de 10 cm d’épaisseur posés parfaitement à niveau (un au pied de chaque futur montant vertical et un au milieu de chaque lambourde). Vérifier le niveau et rectifier s’il y a lieu.

Ossature sans bavure

Edifier les quatre faces en prévoyant les bâtis de porte et fenêtre. Commencer par dresser les poteaux d’angle, chevron de 5 x 5 cm de section, (schéma 2), que l’on fait tenir en haut avec quatre lambourdes horizontales (section 6 x 8); pour finir, fixer les chevrons de façades (idem poteaux d’angles). Là encore – à moins d’être équipé pour effectuer tenons et mortaises – tout sera tenu en vissant des équerres métalliques, sauf les montants horizontaux de la fenêtre, vissés directement au travers des chevrons qui les supportent (schéma 2).

Soigner l’habillage

Vient ensuite la charpente (schémas 2 et 3, couleur ocre), faite de trois pannes (une faîtière et deux latérales, section 6 x 8 cm) supportant 5 chevrons de 4 x 6 cm de section et 100 cm de long posés sur la tranche; ces derniers sont vissés aux pannes, elles-mêmes fixées aux supports verticaux au moyen d’équerres. La pente du toit dépend de la hauteur du support central (35 cm dans notre exemple), pris dans les chutes des lambourdes et tenus par deux équerres.
Remarques: Les deux pannes latérales (et leurs supports verticaux) sont posées en dernier, ce qui facilite leur positionnement.
Mettre en place porte et fenêtre, en vissant d’abord leur châssis respectif aux montants verticaux et horizontaux prévus à cette fin (schéma 4).
On peut alors passer au bardage des parois, qui consiste à visser les planches rainées crêtées aux montants verticaux (vis à tête plate longues de 45 mm); toujours partir du bas, crêtes vers le haut en vérifiant l’horizontalité, extrémités bien alignées et coupées «propre».
Visser ensuite les panneaux de toiture aux chevrons de la charpente. Clouer sans attendre les bardeaux de couverture, en soignant particulièrement le faîte et les bords de façon à prévenir toute infiltration.
Visser enfin le plancher, découpé dans le même genre de panneaux que ceux utilisés pour la couverture. Le cabanon est prêt à «servir». Pourtant, quelques aménagements devraient encore être faits avant de commencer à y déposer des objets.

Finitions et aménagements

Bien que facultative, la pose de gouttières est vivement recommandée pour préserver les parois de l’eau ruisselant du toit – et pour la récupérer en ajoutant un tonneau à la base de la descente.
Le bois traité à cœur étant garanti dix ans contre les intempéries, il n’est pas indispensable de le traiter. Mais une couche de lasure microporeuse pour l’extérieur ne fera pas de mal, surtout si l’on désire teinter le bois – ou lui donner une couleur, ce qui peut être très gai si la chose n’est pas trop criarde. Il convient enfin de prévoir une table de travail, des barres et des panneaux pour l’accrochage mural (ou de simples crochets) ainsi que des rayonnages. Tout est alors fin prêt pour le rangement du matériel.
Cependant, avant d’inviter les amis pour la crémaillère, on s’accordera encore le temps d’aménager les indispensables cheminements et dégagements alentour et de procéder à quelques plantations nécessaires à une bonne intégration au paysage. (19 janvier 2005)

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