Animaux
Anne Chanez, Michel Andrey et Aurélie Pilet (de g. à dr.) se sont retrouvés à Daillens (VD) le temps d’un entraînement estival. © Photo Eric Bernier

Trois Romands défendront les couleurs de la Suisse

Pierre-Alain Cornaz


Début septembre, la Hongrie accueillera le Championnat du monde de para-agility. Trois Romands seront du voyage. Rencontre.

Ils s’appellent Kaddo, Speedy et Arko . Deux border collies et un bouvier appenzellois. Tous les trois s’apprêtent à emmener leurs maîtres en Hongrie pour participer au 8e Championnat du monde de para-agility. Cette épreuve est réservée aux personnes handicapées. Elle est organisée chaque année dans un pays différent.

Bon niveau de préparation

Aurélie Pilet, de Daillens (VD), en est à sa deuxième participation. «Jamais je n’aurais pensé concourir dans une telle épreuve. Mais l’amitié, l’amour des chiens et surtout les circonstances de la vie en ont décidé autrement.» Aurélie se réjouit de faire le voyage en Hongrie, en voiture, en compagnie de sa mère mais aussi de Michel Andrey (Ayent/VS) et d’Anne Chanez (Estavayer-le-Lac/FR). Une sacrée aventure, puisqu’il faudra trois jours de route pour rallier Gyula. «Pour financer le voyage, nous avons bénéficié d’un formidable soutien de nos familles, de nos amis, de certaines communes et entreprises. Une amie a même organisé une tombola pour récolter des fonds!»

Afin de préparer ce concours, les trois amis s’entraînent régulièrement avec leur chien. Anne et Aurélie font partie du club yverdonnois Les Cabotins. Ils participent aux mêmes épreuves d’agility que les personnes valides et bénéficient d’un bon niveau de préparation. Idem pour Michel, et cela même s’il ne fait pas partie d’un club mais plutôt d’une amicale où l’on pratique l’agility: Les Mordus.

«L’adrénaline sera bien là»

Victimes de handicaps différents (paralysie, poliomyélite, accident vasculaire cérébral), les trois concurrents participeront aux épreuves dans des groupes séparés. Ils auront à cœur de rééditer les bons résultats obtenus l’an dernier au championnat du monde organisé à Voghera, en Italie du Nord. Anne a décroché le titre de championne du monde, Aurélie de vice-championne et Michel un troisième rang. Les trois «agilitistes» ne font toutefois pas une fixation sur le résultat: «Nous y allons surtout pour l’ambiance, le plaisir de se retrouver entre concurrents de toutes les nations. Mais quand même: l’adrénaline sera bien là au départ des courses.»

Il faut être persévérant

En raison de leur handicap, les trois concurrents romands ne conduisent pas le chien de la même manière qu’une personne valide. C’est à la voix, par exemple, qu’Anne Chanez guide Speedy. Les chiens s’adaptent très bien à ce mode de faire.

Quel conseil donner à un jeune handicapé qui souhaiterait acquérir un chien? «Prendre la race de son cœur», répond Aurélie avec enthousiasme. «Ensuite cela dépend de ce qu’on veut faire avec, nuance Michel Andrey. Ce n’est pas une généralité absolue mais certains chiens conviennent mieux que d’autres pour l’agility.» Cela dit, des exceptions, il y en a. La preuve avec Arko. «Personne ne donnait cher de mes chances de pratiquer de l’agility avec un bouvier appenzellois. Et pourtant à force de ténacité j’y suis arrivée.» Arko n’a qu’un seul défaut: pendant le parcours, il aboie beaucoup. «C’est tout à fait normal pour lui: l’appenzeller est un chien de travail. Cette race a été sélectionnée pendant des générations pour s’imposer face au bétail par la voix en premier lieu.»

Quelles qualités faut-il pour être un bon conducteur de chien d’agility? «De la persévérance, répond spontanément Aurélie. Il en faut car les chiens ne progressent pas de manière linéaire, mais par paliers. C’est parfois frustrant car on a l’impression que le chien ne fait pas de progrès. Heureusement, tout à coup, un déclic se produit et ça y est, il a compris.» Pour Anne Chanez, «il convient aussi d’être un peu astucieux et rester dans la complicité avec l’animal. S’efforcer de se mettre à sa place et d’imaginer pourquoi il ne comprend pas certaines directives.» «En tout cas, l’essentiel reste d’aimer s’amuser et de garder le sourire», souligne Aurélie Pilet.

(paru dans l'édition du 27 août 2009)

articles récents

articles les plus lus

Tous les articles les plus lus
dossier

Un potager au fil des mois

Francine Giroud-Crisinel a donné une seconde vie aux trésors de son jardin sur le rebord de la fenêtre de la ferme familiale. © Photo Olivier Born

  • Echanges de graines

    Chaque début de mois, Francine Giroud Crisinel nous ouvre les portes de son potager à Denezy (VD)....

  • 1ère visite

    Bienvenue dans le jardin de Francine Giroud-Crisinel

Tous les dossiers
Video

S’initier à la taille des arbres fruitiers

"Imitez Le Jardinier" avec terrenature.ch


Cette semaine, Bernard Knöbl nous parle des activités de la Société vaudoise de pomologie et d’arboriculture

Toutes les videos