Agriculture
Jacques, Noëlle, Pierre et Caroline Pasquier (de g. à dr.), devant la maison de leur ferme à Embrun. © Photo Alain Douard

La famille Pasquier a fait prospérer ses terres

Alain Douard


Après le Québec, nous avons été à la rencontre de la famille Pasquier installé en Ontario.En deux générations à peine, elle a plus que doublé la surface de ses terres. Rencontre avec Jacques, Noëlle et leurs enfants.

En 1979, Albert et Fernande Pasquier s’installent dans l’est de l’Ontario. Trente ans plus tard, le couple profite de sa retraite dans la maison acquise au centre du village d’Embrun. Ses deux fils, Jean-Marc et Jacques, possèdent maintenant chacun leur ferme. En moins de vingt ans, depuis qu’Albert leur a remis le domaine de 220 hectares, Jean-Marc d’un côté, Jacques et Noëlle de l’autre, ont su habilement faire fructifier l’acquis paternel pour se constituer chacun une exploitation. Elle est donc loin, bien loin, la ferme qu’Albert et Fernande Pasquier exploitaient à Bulle (FR), avec son troupeau d’une trentaine de laitières.

Diversifier les revenus

Chez Jacques et Noëlle, la troisième génération «canadienne» des Pasquier se prépare même déjà à assurer la succession du domaine: Pierre, bientôt 20 ans, étudie la gestion et la technologie agricoles au Collège Mac-Donald à Montréal. Et, les fins de semaine, c’est lui qui prend le relais de ses parents en salle de traite. La gestion du troupeau, son alimentation, c’est son «truc». Mais il suit aussi volontiers les traces de son père, passionné de mécanique, qui moissonne près de 600 hectares pour des tiers, en plus des 200 hectares qu’il cultive pour son compte. «Pour l’anecdote, cet hiver, nous avons battu un record en moissonnant les derniers maïs le 30 décembre, sur sol gelé», raconte Noëlle Pasquier.

Jacques et Noëlle Pasquier disposent d’environ 350 hectares de surfaces agricoles qui leur permettent d’être à la fois entrepreneurs, cultivateurs, éleveurs et producteurs de lait, avec un troupeau d’une centaine de vaches.

Européens du Canada

Grâce à cette structure, ils ont pu diversifier à la fois leurs sources de revenus, leurs investissements et leur travail. La taille de leur ferme leur permet aussi d’employer un ou deux collaborateurs à l’année.

Dans les années 1970, lors de la grande vague migratoire des agriculteurs européens, ces derniers profitaient de la désaffection dont les Canadiens faisaient preuve pour leurs terres. «De ce point de vue, et même si nous sommes devenus des Canadiens à bien des égards, nous avons gardé notre esprit européen, raconte Jacques Pasquier. Nous restons viscéralement attachés au sol que nous cultivons, à nos fermes, à nos maisons.»

Objectif bientôt atteint

«Cent kilos et 1000 acres (environ 405 hectares, ndlr), c’est l’objectif que je m’étais fixé en débutant sur cette ferme, explique Jacques Pasquier. Les 100 kilos de quotas, nous les avons et nous cultivons 800 acres. Notre but est bientôt atteint.»

«Nous n’investissons plus dans de nouveaux quotas pour le moment, en attendant les décisions que prendra Pierre, renchérit Noëlle. Nous cherchons encore à agrandir nos terres, mais en production laitière, nous préférons faire mieux avec la structure actuelle. Et, pourquoi pas, trouver une nouvelle source de diversification avec un projet d’énergie renouvelable, peut-être une installation solaire ou de biogaz.»
(Paru dans l'édition du 28 janvier 2010)

 

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