Les éleveurs devront investir et se former
Claire Berbain
La castration des porcs se fera sous anesthésie dès 2010. Les acheteurs ont eu raison des arguments des producteurs. Ces derniers accusent le coup mais n’ont guère le choix. La solution du vaccin serait mal perçue par les consommateurs.
Une grande majorité des éleveurs devront donc s’équiper de machines à anesthésier les porcelets et d’isoflurane, un gaz narcotique également utilisé en médecine humaine. «Il faudra compter dans les 10 000 francs, estime quelque peu résigné André Hofer, producteur à Moudon (VD). Les acheteurs ont décidé, à nous d’appliquer le plus rapidement possible.»L’orientation prise par la filière porcine helvétique laisse sceptique les vétérinaires, qui avaient plutôt recommandé la vaccination: «La castration sous anesthésie est un acte médical qui devrait rester de notre ressort, estime Jolanda Engeli, vétérinaire dans la région du Jorat (VD). La manipulation d’un tel gaz n’est pas anodine. «C’est clair qu’on va devoir se former pour apprendre les gestes», complète Didier Gothuey. Micarna a d’ailleurs déjà pris les devants, en proposant récemment à ses éleveurs une journée consacrée à cette nouvelle technique. «Ce qui me ferait quand même mal, conclut André Hofer, c’est d’investir dans cette machine, et que la législation change de nouveau dans deux ou trois ans. Il faut savoir qu’au niveau européen, on s’oriente quand même vers une interdiction pure et simple de la castration.»



















